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.. Au revoir là-haut

Couverture du livre Au revoir là-haut

Auteur : Pierre Lemaitre

Date de saisie : 22/10/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans français

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782226249678

GENCOD : 9782226249678

Sorti le : 21/08/2013

  • Les présentations des éditeurs : 18/11/2014

«Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après.»

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...
Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

De Robe de marié à Sacrifices, cinq romans couronnés par de nombreux prix (dont le Prix du Polar européen du Point), Pierre Lemaitre s'est imposé comme l'un des grands noms du roman noir français et a rencontré un succès critique et public exceptionnel.
Avec Au revoir là-haut - fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation -, il quitte le monde du polar et compose une grande tragédie romanesque, avec un talent et une maîtrise impressionnants.


  • Les livres, le web et les mdia : 01/11/2013

Pierre Lemaitre répond aux questions d'Ariane Pick, devant les caméras de la réalisatrice...



  • La revue de presse Marion Cocquet - Le Point du 7 novembre 2013

Au revoir là-haut confirme, s'il en était besoin, le talent de scénariste de Pierre Lemaitre, révélé par des romans policiers (dont Cadres Noirs, prix Le Point du polar 2010)...
Il se nourrit, aussi, d'un réseau de personnages toujours utiles et toujours vivants, qui recréent ensemble des années d'après-guerre où l'on verse sur les morts glorieux des larmes en abondance, mais où l'on répugne à croiser les gueules cassées.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Le Journal du DImanche du 15 septembre 2013

Au revoir là-haut est une incontestable réussite. Jamais en manque de souffle, jamais avare en rebondissements ni en surprises, Pierre Lemaitre fait autant la part belle à l'action qu'à la psychologie. Et dresse en chemin un terrible portrait de la France après la Première Guerre mondiale. Un pays à deux vitesses où les trois héros de l'écrivain se croisent et naviguent comme ils peuvent, usant chacun à leur manière de la culpabilité et de la mystification.


  • La revue de presse Valérie Trierweiler - Paris-Match, octobre 2013

Un coup de maître. Le jeu de mots est facile, pas l'exercice auquel s'est livré l'auteur. «Au revoir là-haut» va propulser Pierre Lemaitre au rang de grand écrivain. Il y figurait déjà, dans la catégorie des auteurs de polars. Cette fois, avec ce pavé haletant, de près de 600 pages, l'écrivain voit son nom s'inscrire en tête d'affiche. Retenu pour six prix dont les prestigieux Goncourt et Interallié, Lemaitre se hisse également en tête du choix des libraires et des lecteurs. N'en jetez plus. Ce livre-là, c'est certain, marquera l'histoire de la ­littérature...
«Au revoir là-haut» n'est pas un roman noir mais un roman teinté de noirceur. Il s'agit d'une grande fresque, portée par un incroyable souffle romanesque, à la fois psychologique et sociologique. Sur ceux qui n'ont pas eu d'avenir après les tranchées...
Son livre aurait pu compter 1000 pages supplémentaires que nous en demanderions encore.


  • La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 18 septembre 2013

Nous n'avons pas fini de lire des livres sur la guerre de 14-18. Cette guerre, dont on célébrera (mot étrange...) l'an prochain le début et, quatre ans plus tard, la fin, est une réserve inépuisable pour les historiens. Mais aussi pour les romanciers qui n'auront pas craint de passer, après tant de célébrités et de chef-d'oeuvre, et de repasser sur le sujet. Parmi ces derniers, combien auront trouvé, comme Pierre Lemaitre, un ton inattendu, original, ironique, sarcastique, cruel et tendre à la fois  ?...
Au revoir là-haut est un roman fascinant, palpitant, impossible à résumer comme à imaginer, un roman de folie et d'amour où le bien et le mal se livrent une bataille de tranchées dans l'intelligence même du lecteur et dans son imaginaire.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 18 septembre 2013

Venu du polar, le romancier a le sens de la mise en scène, une écriture vive qui ne s'attarde pas, un goût pour les retournements de situation. Mais ici, on le sent porté par une colère, un projet d'envergure et l'envie de secouer des évidences en ces temps de commémoration incontournable...
Arnaques, vengeances et impostures : Au revoir là-haut est une oeuvre à la fois picaresque et politique, où l'on entend des accents de Roland Dorgelès et Jean Meckert.


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 12 septembre 2013

Pierre Lemaître était surtout connu comme auteur de romans noirs. Mais s'il se détourne de sa spécialité coutumière, c'est pour faire plus noir encore. Et s'attaquer à ce premier moment dans l'histoire des hommes où la barbarie a atteint officiellement le niveau mondial...
Et comment faire du neuf sur 14-18 après Genevoix, Dorgelès, Barbusse, tous les autres ? Lemaître y réussit pourtant en prenant pour héros, non pas les morts devant lesquels les drapeaux s'inclinent, mais les survivants à qui la France hystérique et névrosée des Années folles tournera vite le dos, les oubliés, les humiliés. Les revenants, car ce sont des fantômes.


  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 12 septembre 2013

" On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ", s'indignait Anatole France en juillet 1922. C'est là le thème central d'Au revoir là-haut, qui lève le voile sur le scandale des exhumations militaires, étouffé par le gouvernement en 1922. Entremêlant deux événements, l'un fictif, l'autre bien réel, et tenant le suspense jusqu'à la dernière page, le romancier compose avec maestria une fresque de la France d'après-guerre, où les imposteurs triomphent et les capitalistes s'enrichissent sur les ruines. Il y adjoint d'inoubliables portraits, ceux d'un rond-de-cuir, couard au coeur tendre, et d'un excentrique qui a dit " non ".


  • La revue de presse Blaise de Chabalier - Le Figaro du 29 août 2013

Roman historique, psychologique, sociologique, Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre est mené comme un polar...
Pierre Lemaitre réussit un roman saisissant, dans un tourbillon de sentiments contradictoires et de souffrances inouïes. Le tout est éclairé toutefois par la possibilité du bonheur, au-delà de la tragédie...
Les rebondissements sont multiples, et la chute, très réussie, tient à la fois de la tragédie antique et de l'histoire d'amour la plus émouvante. Grâce à une construction romanesque efficace, l'auteur parvient à sortir de la littérature de genre sans se renier le moins du monde.


  • La revue de presse Hubert Artus - Lire, août 2013

Auteur reconnu pour ses thrillers, Pierre Lemaitre change de cap et de dimension pour un roman saisissant, et politiquement incorrect, sur la Grande Guerre. Au revoir là-haut est un des temps forts de cette rentrée...
N'allez pas croire pour autant qu'Au revoir là-haut est un roman historique. C'est une saga familiale, un roman de guerre, une fiction française...
Bien plus original et incorrect qu'on ne pourrait croire, il s'attache à montrer comment la France préféra s'occuper (dans tous les sens du terme) de ses morts que de s'occuper de ses survivants. Une fresque en trois parties, s'étendant sur trois ans, montrant une économie d'après-guerre fleurissant sur plus d'un million de victimes. Ample, narrativement exigeant mais également très pédagogique, c'est un de ces romans qui peuvent plaire à un public très littéraire (et accessoirement des jurés de prix) comme à un lectorat avide d'histoire et d'évasion.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express, août 2013

Quel choc ! Grand roman sur l'après-guerre de 14, grand roman sur la spirale qui mène du bien au mal, grand roman existentiel, Au revoir là-haut est un requiem sombre et brûlant que sert une écriture splendide, dure, efficace comme un coup de poing en pleine figure...
Au revoir là-haut est un roman magnifique parce qu'il décrit sans la moindre concession l'étau dans lequel les poilus se retrouvèrent au lendemain de leur démobilisation. Albert Maillard fait partie de ces types qui, depuis qu'ils ont gagné la guerre, ont l'impression de la perdre un peu plus chaque jour. Quel choix leur reste-t-il ? Lisez ce livre démesuré, vous en sortirez médusé.


  • Les courts extraits de livres : 06/08/2013

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande.
Il s'en rendait bien compte, son refus de croire à l'approche d'un armistice tenait surtout de la magie : plus on espère la paix, moins on donne de crédit aux nouvelles qui l'annoncent, manière de conjurer le mauvais sort. Sauf que, jour après jour, ces informations arrivèrent par vagues de plus en plus serrées et que, de partout, on se mit à répéter que la guerre allait vraiment prendre fin. On lut même des discours, c'était à peine croyable, sur la nécessité de démobiliser les soldats les plus vieux qui se traînaient sur le front depuis des années. Quand l'armistice devint enfin une perspective raisonnable, l'espoir d'en sortir vivant commença à tarauder les plus pessimistes. En conséquence de quoi, question offensive, plus personne ne fut très chaud. On disait que la 163 e DI allait tenter de passer en force de l'autre côté de la Meuse. Quelques-uns parlaient encore d'en découdre avec l'ennemi, mais globalement, vu d'en bas, du côté d'Albert et de ses camarades, depuis la victoire des Alliés dans les Flandres, la libération de Lille, la déroute autrichienne et la capitulation des Turcs, on se sentait beaucoup moins frénétique que les officiers. La réussite de l'offensive italienne, les Anglais à Tournai, les Américains à Châtillon... on voyait qu'on tenait le bon bout. Le gros de l'unité se mit à jouer la montre et on discerna une ligne de partage très nette entre ceux qui, comme Albert, auraient volontiers attendu la fin de la guerre, assis là tranquillement avec le barda, à fumer et à écrire des lettres, et ceux qui grillaient de profiter des derniers jours pour s'étriper encore un peu avec les Boches.
Cette ligne de démarcation correspondait exactement à celle qui séparait les officiers de tous les autres hommes. Rien de nouveau, se disait Albert. Les chefs veulent gagner le plus de terrain possible, histoire de se présenter en position de force à la table des négociations. Pour un peu, ils vous soutiendraient que conquérir trente mètres peut réellement changer l'issue du conflit et que mourir aujourd'hui est encore plus utile que mourir la veille.
C'est à cette catégorie qu'appartenait le lieutenant d'Aulnay-Pradelle. Tout le monde, en parlant de lui, laissait tomber le prénom, la particule, le «Aulnay», le tiret et disait simplement «Pradelle», on savait que ça le foutait en pétard. On jouait sur du velours parce qu'il mettait un point d'honneur à ne jamais le montrer. Réflexe de classe. Albert ne l'aimait pas. Peut-être parce qu'il était beau. Un type grand, mince, élégant, avec beaucoup de cheveux ondulés d'un brun profond, un nez droit, des lèvres fines admirablement dessinées. Et des yeux d'un bleu foncé. Pour Albert, une vraie gueule d'empeigne. Avec ça, l'air toujours en colère. Un gars du genre impatient, qui n'avait pas de vitesse de croisière : il accélérait ou il freinait ; entre les deux, rien. Il avançait avec une épaule en avant comme s'il voulait pousser les meubles, il arrivait sur vous à toute vitesse et il s'asseyait brusquement, c'était son rythme ordinaire. C'était même curieux, ce mélange : avec son allure aristocratique, il semblait à la fois terriblement civilisé et foncièrement brutal. Un peu à l'image de cette guerre. C'est peut-être pour cela qu'il s'y trouvait aussi bien. Avec ça, une de ces carrures, l'aviron, sans doute, le tennis.


  • Le courrier des auteurs : 22/10/2014

Pierre Lemaitre, pour Le Courrier des auteurs, sur une idée des libraires, évoque le mot «Consolation»

Le terme «consolation» suppose en amont le terme «chagrin» ou «peine». La consolation peut être tout à fait vénielle ou profonde, mais le mot «consolation» englobe aussi bien de se consoler d'avoir cassé un verre auquel on tenait, que la mort d'un enfant. D'une certaine manière c'est le même mot qui sert à une gamme de peines et de chagrins qui est tellement infinie que le mot vous coupe un peu le souffle. C'est un mot qui nous asphyxie un peu.
Quelle que soit la peine dans cet immense éventail qui va de la plus vénielle à la plus profonde, franchement, il n'y a que le moment où je me couche contre la femme que j'aime que je me sens consolé. Ma consolation c'est de dormir avec elle. Quel que soit le type de peine, je puise ma consolation et mon réconfort dans cette idée de me dire : «Ce soir, je dors contre elle».

Pierre Lemaitre


  • Le courrier des auteurs : 22/10/2014

«Le choix des mots» par Jean Pruvost, grand amoureux des mots...

Le 11-11, au revoir, là haut !


«Nous nous retrouverons tous en l'autre monde... Au revoir, là haut...», écrit dans la détresse le soldat Jean Blanchard à sa femme, juste avant d'être fusillé pour traîtrise, le 4 décembre 1914, aux côtés de cinq autres soldats tirés au sort parmi 24. Ils étaient six du 298e Régiment, martyrs de Vingré, fusillés «pour l'exemple». Réhabilités, le 29 janvier 1921, pour l'honneur à ne pas oublier.
Au revoir, là haut..., c'est le titre aussi profond qu'élevé qu'a choisi Pierre Lemaitre pour son roman d'une extraordinaire lucidité, où se mêlent l'absurde aux sempiternelles dérives humaines, entre fausses grandeurs et vraies petitesses, aussi meurtrières les unes que les autres, dans le chaos des guerres. «Ma bien chère Lucie, écrit le Caporal Henry Floch, quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi : le 27 novembre - une date à retenir - vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures,...alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée.... J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper... J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi. Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple.... Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout.»
Impossible de ne pas avoir le coeur serré. Le coeur serré, c'est tout ; pas besoin de style. Et puis on lit le roman de Pierre Lemaître. Qui raconte si bien le chaos : «voir cette guerre se terminer comme ça, avec autant de copains morts et autant d'ennemis vivants, on a presque envie d'un massacre», lâchent les soldats. Maçacre, entré en 1564 en langue française, du latin macecre, abattoir. C'est le mot.
Au fond d'un cratères de bombe, la «pluie claire, presque paresseuse, de cailloux, de mottes de terre», et puis gagner «quelques secondes de sursis» en agrippant la «tête de cheval» pour «respirer à pleins poumons» un «souffle putride», «à la recherche d'une once d'oxygène. C'est sans espoir.» Espoir, espérer, du latin sperare, «attendre quelque chose comme devant se réaliser». La paix du 11-11.
Gaston Bonheur, collectant dans Qui a cassé le vase de Soisson ? (1963), les représentations morbides des vieux manuels scolaires, use d'une formule aux justes résonances : «Le 11 novembre, nous célébrions la grand-messe de ce culte de la patrie. La saison, les chrysanthèmes, tout s'y prêtait et c'était, en novembre, après la Toussaint, le 1er, et les Trépassés, le 2 novembre, comme un troisième jour des Morts.» En 1924, la parole était à Jacques Bainville, dans son Histoire de France : «Le soulagement des Français, après l'armistice du 11 novembre, qui mettait fin à plus de quatre ans de tuerie et d'angoisses, fut inexprimable.»
Le 11-11, ce fut en 1918 la fin de la tuerie, du latin populaire tutare, éteindre, mais aussi la Saint-Martin. «À la Saint-Martin, tire ton vin», disait-on. Se souvient-on justement qu'en latin on «tuait, éteignait la soif, la faim», tutari sitim, tutari famem : ce sont les seules tueries recommandées. Sitôt l'armistice signé, on s'aperçut vite que Saint-Martin avait pour anagramme approximative armistice, mais aussi que ce saint pourtant dédié aux fantassins et à l'armée, disparaissait le plus souvent de nos calendriers, éteint sous la mention Armistice...
À la Saint-Martin, dit Jules Renard dans son Journal, c'est le moment pour les boeufs jusque-là habitués à la balle de paille, «accourant vers elle comme si c'était du gâteau», de rentrer enfin à l'étable. Le «11 novembre» précise Jules Renard., vite, tous au chaud. Image sereine pour repousser toutes les tueries.

Jean PRUVOST

1) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un roman, c'est d'abord des émotions. J'aimerais, idéalement, que le lecteur soit tour à tour impatient, surpris, amusé, touché, ému, emporté, sidéré... Bref, que ça lui fasse quelque chose d'être dans ce livre. Idéalement...

2) Comment vous vient l'inspiration ?
L'inspiration, c'est comme Dieu ou l'homéopathie : ça ne marche que si on y croit. Et hélas, je ne suis pas croyant.

3) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Mon rituel consiste à me mettre au travail le matin à 9 heures et à m'arrêter à 17 heures. Comme c'est un rituel un peu figé, parfois, je me lance dans des aventures palpitantes : je me mets au travail à 9 h 10, ou je termine 17 h 15.

4) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
J'ai toujours su qu'un jour je ferai écrivain. C'était écrit, si j'ose dire.

5) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Ma première révélation littéraire, à 12 ans, fut «Sans famille» d'Hector Malot. Après, ce fut Dumas. À 17 ans, ce furent les grands romans de la Première Guerre (Genevoix, Dorgelès, Barbusse, etc.). Ensuite, ce doit être Tolstoï...

6) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Les écrivains sont des gens indispensables : ce sont eux qui mettent des mots sur les émotions que nous ressentons.

7) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Ils sont un havre. C'est chez eux que je me rends dès que ça ne tourne pas rond, dès que je m'ennuie, dès que je cherche des idées, dès que je suis heureux, dès que j'ai un cadeau à faire, dès que... bref, j'y suis tout le temps.


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