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.. La grâce des brigands

Couverture du livre La grâce des brigands

Auteur : Véronique Ovaldé

Date de saisie : 14/10/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Prix : 19.50 €

ISBN : 978-2-8236-0235-7

GENCOD : 9782823602357

Sorti le : 22/08/2013

  • Les présentations des éditeurs : 21/09/2013

Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l'ordre qu'elle avait cru installer dans sa vie s'en trouve bouleversé. Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l'adopter Peeleete, le fils de sa soeur. Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu'elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l'esprit libertaire de la Californie des années 70.
Elle n'est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d'un père, à la folie d'une mère et à la jalousie d'une soeur. Elle n'est plus non plus l'amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu'elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d'emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l'écriture au coeur de son existence, être une écrivaine et une femme libre.
Quitte à composer avec la grâce des brigands.

Véronique Ovaldé, née en 1972, a toujours été attirée par la littérature. Après un BTS édition et des études de lettres, elle publie son premier roman en 2000 aux éditions du Seuil intitulé «Le sommeil du poisson». Depuis elle a publié une dizaine de romans, d'abord aux éditions Actes Sud «Les hommes en général me plaisent beaucoup» (2003), «Déloger l'animal» (2005) puis à partir de 2008 aux éditions de l'Olivier, tous fort bien accueillis par les lecteurs et la critique. Ainsi «Et mon coeur transparent» (2008) est récompensé par le prix France Culture Télérama, tandis que «Ce que je sais de Vera Candida» (2009) reçoit trois prix : le Prix Renaudot des lycéens, le Prix France Télévisions en 2009, et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010. Son dernier ouvrage «Des vies d'oiseaux» est paru en 2011.


  • Les livres, le web et les mdia : 17/10/2013

Véronique Ovaldé répond aux questions de Jean Morzadec, devant les caméras d'Ariane Pick...



  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 19 septembre 2013

Quel regard peut porter un enfant sur une mère qui l'élève «comme on élève les animaux de trait, à la badine ou la schlague» ? De quelle manière cela pèse-t-il ensuite sur une vie ? Une femme a-t-elle réellement «autant besoin d'un homme qu'un poisson rouge d'un sac à main» ? Le roman de Véronique Ovaldé frémit de toutes ces questions, qu'elle a le bon goût de ne jamais surligner. Car tout ça est raconté comme à la veillée, presque sur le ton de l'improvisation, dans un style élastique et bigarré, tandis que la narration glisse adroitement d'une époque à l'autre, un peu comme chez García Marquez. A l'arrivée, «la Grâce des brigands» a bien le charme, à la fois inquiétant et entêtant, d'un rêve américain.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express, septembre 2013

Véronique Ovaldé s'impose, livre après livre, comme l'une de nos meilleures tisseuses de songes. Tour à tour, elle revêt les habits de la fée et de la sorcière. Ses livres sont des contes modernes, des fables contemporaines où le loufoque côtoie la tragédie. Son nouveau roman, sans doute le plus fort, explore les méandres de la culpabilité et du don...
Alternant humour et gravité, Véronique Ovaldé nous offre ici une splendide variation sur le thème des perdants magnifiques.


  • La revue de presse Julien Bisson - Lire, septembre 2013

C'est l'une des voix les plus singulières des lettres françaises...
L'occasion est belle pour Véronique Ovaldé de creuser certains sillons déjà rencontrés dans son oeuvre -les cicatrices de l'enfance, la conquête de la liberté, l'étrange mécanique du couple. Mais aussi d'évoquer, pour la première fois, la question de l'écriture, ce formidable moyen d'évasion pour "s'émanciper des familles asphyxiantes".


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 29 août 2013

Une pétroleuse, cette Maria Cristina Ce serait trop simple pour un personnage qui s'inscrit dans la sphère romanesque que cette auteur a su créer au fil de ces sept précédents romans. Car Véronique Ovaldé n'aime rien tant que chahuter le lecteur, pas à la façon d'un milk-shake dans le blender mais de manière plus chaloupée comme le mouvement d'une danse sud-américaine...
On a bien compris que l'héroïne n'était pas en quête du prince charmant mais de son émancipation, d'où ce côté têtu et obstiné très affirmé.La Grâce des brigands s'appuie sur une ambiance mais aussi sur une construction audacieuse sous forme de mise en abyme. Un mystérieux narrateur raconte la vie de Marie Cristina après sa disparition. «J'ai décidé de faire avec l'approximation... ; je me permets de remplir les blancs, je me permets de compléter...», écrit-il. Roman sur la libre détermination, ce livre est aussi une réflexion sur l'écriture, emmenée par une imagination qui ne se laisse jamais entraver.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 28 août 2013

La Grâce des brigands est un hymne au mensonge, un chant dédié à l'imposture sous toutes ses formes, celles de l'amour familial, du désir sexuel et surtout de la création littéraire. Comment écrire son histoire, demande Véronique Ovaldé, confronter les versions, éviter l'artifice ? Comme les poupées russes qui se déboîtent les unes après les autres, elle «ouvre des digressions, des parenthèses, des souvenirs». Son écriture est baroque et palpitante pour mieux secouer la fiction, faire chavirer la phrase et entrer dans un monde où David Lynch croiserait les frères Grimm.


  • La revue de presse - Le Figaro du 22 août 2013

On retrouve dans La Grâce des brigands (L'Olivier), son dixième roman, le ton gracieux et singulier qui fait la force de l'auteur. Sous ses allures de fable, l'histoire de Maria Cristina en dit long sur le chemin des femmes vers la libre détermination.


  • La revue de presse Marion Cocquet - Le Point du 11 juillet 2013

La grâce des brigands réussit la prouesse d'être aussi diablement romanesque que diablement poétique. L'écriture de Véronique Ovaldé, sans afféterie et sans facilité, suit le rythme presque organique du récit, avec ses échappées et ses alanguissements. Il s'agit du neuvième roman de l'auteur, après Ce que je sais de Vera Candida et Et mon coeur transparent, plusieurs fois primé.


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2013

Les calmes après-midi du bord de mer

Maria Cristina Väätonen, la vilaine soeur, adorait habiter à Santa Monica.
La première raison de cette inclination, celle qu'elle n'avouerait sans doute pas ou alors seulement sous forme de boutade, en riant très fort et très brièvement, c'est qu'elle avait la possibilité à tout moment de déguster des cocktails de crevettes et des glaces à la pastèque sur le front de mer.
Elle pouvait s'asseoir dans un restaurant pour touristes aisés où le serveur l'interpellait par son prénom et ajoutait toujours des cacahuètes pilées à ses crevettes - il ne disait pas cacahuètes, il disait, Je vous ai mis des arachides, Maria Cristina, et il roulait les r suavement, peut-être pour faire croire qu'il n'était pas du coin. Et elle pouvait s'installer sur la terrasse du restaurant à une table qu'aucun client de passage n'aurait eu le droit d'occuper. La terrasse surplombait la baie du haut de ses pilotis, et on y sirotait des sangrias avec lenteur en contemplant le soleil qui disparaissait au fond du Pacifique dans une apothéose fuchsia. Puis Maria Cristina pouvait décider de prendre sa décapotable verte et rouler le plus vite possible sur l'autoroute, remonter la nuit Mulholland Drive au volant de sa voiture et sentir le vent frais qui vient des jardins des multimillionnaires, les jardins qu'on arrose à minuit pour que les orchidées et les roses au nom latin se sentent à leur aise, elle pouvait goûter sur son visage l'humidité des bambouseraies qu'on fait pousser en plein désert, et ensuite rentrer chez elle à l'heure qui lui plaisait, garer sa voiture en mordant sur le trottoir près du petit chemin qui descend vers la plage, claquer la porte de son appartement, jeter les clés par terre, se défaire de ses vêtements en les laissant simplement tomber sur le sol, mettre très fort la musique et allumer toutes les lumières comme si elle avait une minicentrale électrique pour son usage personnel dans le sous-sol.
Elle pouvait faire tout cela mais ne le faisait quasiment jamais.
La possibilité seule l'enchantait et lui suffisait.
Maria Cristina Väätonen aurait probablement aimé être une femme scandaleuse.
Malgré ce désir, elle ne faisait que goûter plaisamment sa vie d'écrivain et la modeste notoriété que son succès accompagnait. C'était l'autre raison pour laquelle elle appréciait d'habiter à Santa Monica : une communauté d'écrivains dépressifs et/ou cacochymes y vivait, arpentant les pontons comme de vieux squales à la recherche d'éperlans. Ils avaient tous tenté de devenir scénaristes ou présentateurs d'émissions culturelles, ils avaient réussi ou échoué, là n'était pas la question, et ils fumaient des cigarillos en regardant la mer et en imaginant s'exiler à Tanger, Paris ou Kyoto. L'un de ces vieux écrivains était l'homme le plus important de la vie de Maria Cristina.
Maria Cristina avait trente ans (ou trente et un ou trente-deux) et se trouvait encore dans l'insouciant plaisir d'écrire, acceptant la chose avec une forme d'humilité et le scepticisme prudent qu'on accorde aux choses magiques qui vous favorisent mystérieusement.


  • Le courrier des auteurs : 19/11/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Une romancière

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'émancipation, j'imagine.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«File droit dans tes bottes et n'obéis jamais»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Crucify your mind" de Rodriguez

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Difficile de choisir. Des opinions, des petits pains au lait, un verre de chardonnay, des enthousiasmes...

VERONIQUE OVALDE répond aux questions des internautes

1/Florian, SAINT MALO

«Marie Cristina avait trente ans (ou trente et un ou trente-deux), et se trouvait dans l'insouciant plaisir d'écrire (...)». Pensez-vous avoir gardé cette «insouciance» dans votre rapport avec l'écriture de ce roman ? Est-ce que tout était prévu d'avance pour la rédaction de votre livre, ou vous êtes - vous laissée guider au fur et à mesure que l'histoire évoluait ? Comment avez-vous procédé ? Quelle est la place donnée à l'improvisation dans l'écriture de votre roman ?
Je ne suis plus dans l'insouciance. C'est difficile de garder cet état léger où rien n'est à justifier. C'est un état presque enfantin. J'ai publié huit romans, il m'est impossible de simplement additionner l'écriture d'un roman à celle du précédent. Du coup je procède de manière légèrement différente. Avant je me laissais guider par l'intuition, j'avais confiance. Maintenant j'ai une vague idée du projet final - de sa forme, de sa structure, de ce que j'ai à y dire. Cela me permet de m'y atteler. Malgré cela j'aime encore avancer aveuglément pour avoir des surprises. Je ne pourrais pas écrire avec un synopsis précis. je m'ennuierais si c'était le cas. Alors je tire juste de grandes lignes.

2/Tony, MARSEILLE
Lu dans votre livre : «Maria Cristina a toujours besoin de silence quand elle travaille» et dans certaines situations, «elle ne souhaiterait que le silence». Elle a un grand «besoin de s'isoler», «l'écriture, la nuit et l'alcool sont indissociables». On note également la notion de silence même en photo «personne ne sourit sur cette photo, tout est silencieux, même Meena a la bouche fermée...».
Vous soulignez à plusieurs reprises l'importance d'un environnement silencieux propice au recueillement. Est-ce valable dans votre propre destin d'écrivaine ?

Je ne me rendais pas compte que le silence était si présent dans les lignes de ce livre. Et c'est bien le cas dans ma pratique. Le silence est une donnée fondamentale pour ma concentration. C'est pour cela sans doute que j'écris la nuit. A cause du silence, de l'obscurité et de l'isolement. Un isolement choisi. Bénéfique.

3/Virginie, LA QUEUE EN BRIE
Au moment de l'écriture de votre roman, cherchez-vous à faire rire vos lecteurs ou est-ce que cela vous arrive naturellement ? Est-ce que vous vous amusez vous-même de votre propre écriture ?
Exemples «Une femme a autant besoin d'un homme qu'un poisson rouge d'un sac à main»,
Ou, «Maria Cristina a indiqué qu'elle resterait absente quelques jours. Elle a écrit : J'ai une affaire à régler dans le Nord.». Elle ignore pourquoi elle formule la chose ainsi. On dirait qu'elle part enquêter sur un meurtre en Alaska».



Je ne pense pas être drôle quand j'écris ces phrases. Je m'en amuse en les relisant. Disons que c'est ma manière d'envisager les choses. C'est le léger décalage créé qui génère le rire, le contraste entre une situation dramatique et un surgissement burlesque. Cela crée une sorte de relâchement, propice à la digression. J'aime ce que l'humour signifie de notre relation au monde - un détachement salutaire.

4/Vincent, QUITTERONT
Pour quelle raison dites-vous qu'«Ecrire n'est pas un métier» ? Considérez-vous l'écriture comme un passe-temps, un amusement, ou une passion ?

Dans la Grâce des Brigands je dis que l'écriture est comme un trésor cousu sous la peau. C'est un organe supplémentaire, encombrant, qui vous laisse intranquille et anxieux mais qui est l'unique consolation que je connaisse. Tout cela ne ressemble pas à un métier... De plus j'ai voulu préserver ma liberté pendant des années en "travaillant" (un métier, un statut de salarié) afin d'écrire ce que je voulais quand je le voulais. Et de ne pas avoir besoin de publier pour faire vivre ma famille.

6/ Valérie, SAINT-DAUNES 46
Dans le chapitre du Retour à l'Etat Sauvage, vous replongez votre personnage dans l'enfance et la nostalgie, les thèmes de la réconciliation, la jalousie, les souvenirs (son amour des cartes transmis par son père), l'intimité d'une famille, le chagrin...
L'écriture de vos livres est-elle un moyen pour vous de «retomber en enfance» et de vous remémorer des souvenirs ou au contraire, cela vous aide-t-il à aller de l'avant, en passant à autre chose au fur et à mesure de nouvelles histoires ?

Je crois que dans tous mes livres l'enfance est souveraine. L'enfance est quelque chose de très vivace en moi. Les liens ne sont pas rompus avec la personne que j'étais enfant. L'un des moyens de grandir est sans doute de regarder par moment les traces qu'ont laissées les cordages sur nos poignets. Cela dit je pense que je ne suis ni sentimentale ni nostalgique. J'ai besoin simplement, quand je relate l'itinéraire d'un personnage, de le confronter à son passé.

8/Henri, CERVILLE 54
Maria Cristina a «deux passions coupables : l'une permettant de deviner l'avenir, et l'autre pour les livres. Cette dernière passion, ça ne faisait pas un pli, l'entraînerait loin de Lapérouse, puisque les livres servent, comme on le sait, à s'émanciper des familles asphyxiantes».
Vous parlez librement de ce besoin d'évasion et de distance par rapport aux sources familiales, d'émancipation et de conquête de liberté.
Question intéressée : est-il nécessaire selon vous de se détacher de sa famille pour s'émanciper et grandir ? Les livres aident-ils justement à se défaire des liens familiaux trop oppressants et à se construire soi ?



Il y a de multiples façons de s'émanciper. J'ai l'impression qu'il n'y a pas de patrie qu'il ne faille quitter, qu'il n'y a pas de famille avec laquelle il ne faille rompre. Mais c'est sans doute très caricatural. Cela dit, ce que j'écris dans le livre me semble très vrai - le pouvoir de transgression et d'émancipation de la littérature est une réalité. Regardez Jeanette Winterson, Peter Handke, Jean-Yves Cendrey et tant d'autres.

9/Matthias, TROUVILLE
Lors de la parution de votre roman, avez-vous la crainte comme pour Maria Cristina de vous mettre des personnes de votre entourage à dos, d'en vexer d'autres ou de vous attirer de l'antipathie ? Est-ce que la peur du jugement des lecteurs est récurrente et dans quel cas cela peut-il bloquer l'inspiration d'un écrivain ?

Ce sont deux choses différentes, craindre de blesser des proches et vouloir plaire à ses lecteurs. Peut-être n'écris-je de la fiction depuis si longtemps que pour m'éloigner de ce qui fait ma vie, pour ne pas parler frontalement de ce qui me tient à coeur et de mes chagrins et des gens qui m'entourent. Quant au lecteur que je ne connais pas, je ne pense pas à lui, surtout pas. Il y a trop de lecteurs inconnus. Penser à eux et vouloir leur plaire ne mèneraient qu'à un consensus mou.


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