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.. Regarde les lumières, mon amour

Couverture du livre Regarde les lumières, mon amour

Auteur : Annie Ernaux

Date de saisie : 29/01/2015

Genre : Littérature, essais

Editeur : Raconter la vie, Paris, France | Seuil, Paris, France

Prix : 5.90 €

ISBN : 978-2-37021-037-1

GENCOD : 9782370210371

Sorti le : 27/03/2014

  • Les présentations des éditeurs : 28/01/2015

Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. «Voir pour écrire, c'est voir autrement», écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d'observations, l'hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire.

Annie Ernaux est écrivain. Elle est notamment l'auteur de "La place" (1984), "La honte" (1997), "Les années" (2008) aux éditions Gallimard.



  • La revue de presse Marion Cocquet - Le Point du 27 mars 2014

Dans Regarde les lumières mon amour, sixième titre de la collection "Raconter la vie" lancée au Seuil par Pierre Rosanvallon, Annie Ernaux tient sur une année le journal de ses passages au Auchan de la région parisienne qu'elle a l'habitude de fréquenter. La chose est à peu près inédite : le supermarché n'est pas - n'était pas jusqu'ici - un objet littéraire...
Les centres commerciaux sont constitutifs, note Annie Arnaux, de notre façon de "faire société" avec nos contemporains, dans l'immuable tiédeur des rayons et la lumière qui tombe des rampes de métal. "Est-ce qu'(y) venir n'est pas une façon d'être admis au spectacle de la fête, de baigner réellement - non au travers d'un écran de télé - dans les lumières et l'abondance ?" "Regarde les lumières mon amour", dit, au moment de Noël, une mère à sa fille en poussette.


  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 3 avril 2014

«Pourquoi on ne se révolte pas ?», finit-elle par s'interroger. N'importe quel autre plongerait, en apnée, dans un tunnel dissertatif. Pas Ernaux, qui sait qu'un lecteur a aussi besoin d'oxygène. Pas Ernaux, qui s'interrompt vite pour nous laisser la liberté de poursuivre...
Partout, elle a éprouvé ce pouvoir qu'a la grande distribution de «faire la loi dans nos envies». Et partout, y compris en s'observant elle-même, elle est tombée sur l'idée glaçante que «la docilité des consommateurs est sans limites». Cent trente ans après Zola («Au Bonheur des Dames»), un demi-siècle après Perec («les Choses»), trente-cinq ans après les Clash («Lost in the Supermarket»), le principe d'économie qui régit sa prose ascétique est, à lui seul, la meilleure des réponses à l'hypnotique profusion des choses.


  • La revue de presse Patrice Trapier - Le Journal du Dimanche du 23 mars 2014

Annie Ernaux nous livre le journal de ses visites entre 2012 et 2013 à l'hypermarché Auchan de Cergy. Publié dans la collection de Pierre Rosanvallon qui raconte le roman vrai des invisibles, ce texte offre des intuitions de sociologue et des fulgurances de romancière...
Par ce texte court et percutant, Annie Ernaux dessine la triste absurdité d'une société ayant remplacé le travail et la culture par le culte mortifère de l'hyperconsommation. Ce pourrait être déprimant, mais Annie Ernaux possède, comme son voisin normand Maupassant, une plume à la beauté noire et à la stupéfiante intelligente.


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 27 mars 2014

Durant une année, la romancière a consigné ses visites au centre commercial de Cergy-Pontoise. «Un grand rendez-vous humain, un spectacle», écrit-elle...
Avec son nouveau récit, Regarde les lumières mon amour (Seuil, collection «Raconter la vie»), la romancière va encore plus loin dans ce qu'on appelle «la vraie vie». Durant une année, de novembre 2012 à octobre 2013, elle a scrupuleusement consigné dans un journal ses visites à Auchan, au centre commercial des Trois-Fontaines, à Cergy, dans le Val-d'Oise. Elle évoque son projet : «Voir pour écrire, c'est voir autrement.» Annie Ernaux a fait d'Auchan sa comédie humaine.


  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 27 mars 2014

S'effacer pour révéler la vie sociale, céder la place afin de laisser apparaître ceux qui demeurent invisibles, c'est la vocation de la collection " Raconter la vie ", récemment fondée aux Editions du Seuil par Pierre Rosanvallon et Pauline Peretz...
Avec rigueur et tendresse, Annie Ernaux s'expose, donc. Si elle dit " je ", c'est pour mieux entendre les autres. Depuis les marges d'un hypermarché de banlieue, elle éclaire le coeur de nos vies.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 27 mars 2014

Dans Journal du dehors (Gallimard, 1993), puis la Vie extérieure (2000), elle avait déjà noté des «choses vues» dans les grandes surfaces. Elle reprend le mode du journal dans Regarde les lumières mon amour. La phrase est d'une mère penchée sur la poussette de sa petite fille pour lui montrer les guirlandes de Noël. De novembre 2012 à octobre 2013, Annie Ernaux a fait comme d'habitude, elle a pris sa liste de courses et elle est allée à Auchan, celui de Cergy où elle habite et qui se trouve à l'intérieur du centre commercial des Trois-Fontaines. Simplement, elle avait un but supplémentaire : des pages à remplir, en plus de son chariot...
Même un petit livre comme celui-ci a son économie propre, sa progression maîtrisée. Si on pense qu'Annie Ernaux va oublier en chemin le café-épicerie de son enfance, c'est une ultime erreur.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 26 mars 2014

Cinquième titre de la collection «Raconter la vie», créée au Seuil en janvier par Pierre Rosanvallon, Regarde les lumières mon amour est donc un cahier d'observations, un relevé empathique et politique...
Elle médite sur le geste consommateur, la société d'abondance - ses trompe-l'oeil, ses impasses.


  • Les courts extraits de livres : 29/01/2015

Il y a vingt ans, je me suis trouvée à faire des courses dans un supermarché à Kosice, en Slovaquie. Il venait d'ouvrir et c'était le premier dans la ville après la chute du régime communiste. Je ne sais si son nom - Prior -venait de là. A l'entrée, un employé du magasin mettait d'autorité un panier dans les mains des gens, déconcertés. Au centre, juchée sur une plate-forme à quatre mètres de haut pour le moins, une femme surveillait les faits et gestes des clients déambulant entre les rayons. Tout dans le comportement de ces derniers signifiait leur inaccoutumance au libre-service. Ils s'arrêtaient longuement devant les produits, sans les toucher, ou en hésitant, de façon précautionneuse, revenaient sur leurs pas, indécis, dans un flottement imperceptible de corps aventurés sur un territoire inconnu. Ils étaient en train de faire l'apprentissage du supermarché et de ses règles que la direction de Prior exhibait sans subtilité avec son panier obligatoire et sa matonne haut perchée. J'étais troublée par ce spectacle d'une entrée collective, saisie à la source, dans le monde de la consommation.
Je me rappelais la première fois où je suis entrée dans un supermarché. C'était en 1960 dans la banlieue de Londres et il s'appelait simplement Supermarket. La mère de famille qui m'employait comme fille au pair m'y avait envoyée, munie d'une poussette de marché - ce qui me déplaisait -, avec une liste de denrées à acheter. Je n'ai pas le souvenir précis de mes pensées et de mes sensations. Je sais seulement que j'éprouvais une certaine appréhension à me rendre dans un endroit qui m'était étranger à la fois par son fonctionnement et par la langue que je maîtrisais mal. Très vite j'ai pris l'habitude d'y flâner en compagnie d'une fille française, au pair elle aussi. Nous étions séduites et excitées par la diversité des yaourts - en phase anorexique - et la multiplicité des confiseries - en phase boulimique - nous octroyant alors la liberté d'engloutir dans le magasin le contenu d'un paquet de Smarties sans passer à la caisse.
Nous choisissons nos objets et nos lieux de mémoire ou plutôt l'air du temps décide de ce dont il vaut la peine qu'on se souvienne. Les écrivains, les artistes, les cinéastes participent de l'élaboration de cette mémoire. Les hypermarchés, fréquentés grosso modo cinquante fois l'an par la majorité des gens depuis une quarantaine d'années en France, commencent seulement à figurer parmi les lieux dignes de représentation. Or, quand je regarde derrière moi, je me rends compte qu'à chaque période de ma vie sont associées des images de grandes surfaces commerciales, avec des scènes, des rencontres, des gens.
Je me rappelle :
Carrefour avenue de Genève à Annecy, où en mai 1968 nous avons rempli à ras bord un chariot - pas encore «caddie» - parce qu'on craignait la pénurie totale de vivres.


  • Le courrier des auteurs : 28/01/2015

1) Qui êtes-vous ? !
Une femme qui passe une grande partie de son temps à écrire et qui a l'impression d'écrire même quand elle n'écrit pas. Où que ce soit : en voiture, dans le RER, sur la plage.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La vie dans l'hypermarché d'un centre commercial, observée durant presque une année.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Les femmes et les hommes politiques, les journalistes, les «experts», tous ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans un hypermarché, ne connaissent pas la réalité sociale de la France d'aujourd'hui»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«Foule sentimentale» d'Alain Souchon.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une nouvelle vision, plus ouverte, d'un univers archi familier - l'hyper - et qu'à ce titre on ne regarde pas.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Je n'écris que chez moi et dans mon petit bureau, à partir de 10 heures environ jusque dans l'après-midi. Il me faut le silence - hormis le chant des oiseaux - et rigoureusement personne dans la maison. Seuls mes chats ne me dérangent pas, à condition qu'ils ne se couchent pas sur ma table de travail.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Ce mot n'a pas grand sens pour moi. Il appartient à une vision romanesque de l'écriture. Au départ, c'est vrai, survient brutalement ou émerge peu à peu le désir d'un texte, comme une sorte de grande matrice floue. Mais après c'est sur la feuille que ça se passe, dans l'enchaînement des phrases, les ratures, dans les moments où je lève la tête, bref tout un travail difficile à décrire autrement que par des comparaisons - une plongée en eau profonde, une immersion - mais un travail.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Enfant, non, c'était quelque chose de trop irréel dans mon milieu mais j'y ai pensé à l'adolescence de façon vague. C'est seulement à l'été de mes vingt ans que j'ai vraiment décidé d'écrire un roman et que ce désir-là a empli ma vie.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Le tout premier, c'est la lecture de Autant en emporte le vent, j'avais à peine neuf ans. Je me suis mise à vivre complètement dans le monde de Scarlett O'Hara, j'étais transportée dans tous les sens du terme. Je croyais que tout était vrai et je me souviens avoir cherché dans le Larousse les noms des personnages... Mais le livre qui a été un choc proprement littéraire, c'est-à-dire en étant bouleversée par la manière dont le texte est écrit autant que par ce qu'il raconte, c'est La nausée de Sartre. «Quelque chose m'est arrivé», ce sont les premiers mots du journal de Roquentin, au début de la Nausée. A seize ans, à moi aussi il m'est arrivé quelque chose au cours de la lecture, comme en miroir.

10) Quelle relation avez-vous avec le mot consolation ?
Longtemps je ne l'ai pas aimé plus que ça, il traînait avec lui des relents de catéchisme, de «Notre-Dame de la Consolation», quelque chose de la pleurnicherie. Et je me souviens d'une chanson populaire qui me ravissait, enfant parce la consolation y avait un tour féroce : Bibi Lolo De Saint Malo Qui tue sa femme à coups de couteau Qui la console à coups de casserole Qui la guérit à coups de fusil !
Et puis, je me suis mise à penser, sentir autrement. Je me suis aperçue que la consolation joue un grand rôle dans toute l'existence, de la naissance à la mort. Les objets de consolation vont des plus futiles, éphémères, matérielles - un éclair au café, un whisky, des Nike - aux plus spirituelles, durables, livres, musique, spectacles. Tant de réalités peuvent être vues sous l'angle de la consolation ! L'amour et le sexe, même désirer se reproduire, consolation de devoir mourir. Je ne sais plus quel écrivain avait décrété que la littérature ne devait surtout pas consoler, mais jeter dans l'abîme de l'inquiétude, de la sidération. Il faut alors jeter Phèdre, Les Confessions de Rousseau, Madame Bovary. Je suis sûre qu'on peut trouver une dimension consolatrice aux Cent vingt journées de Sodome...

11) Quelle place tient la consolation dans votre vie, et sous quelle forme (si ce n'est pas indiscret). Certains auteurs écoutent du Bach ou les Beatles par exemple, pour trouver une forme de consolation. Ou tout simplement ils écrivent... ?
La consolation la plus efficace a toujours été pour moi l'écriture intime du journal, déposer la douleur et la prendre comme objet, l'analyser, pour, selon l'expression, la mettre «au dessus de soi».


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