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.. Le principe

Couverture du livre Le principe

Auteur : Jérôme Ferrari

Date de saisie : 20/05/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 16.50 €

ISBN : 978-2-330-04871-6

GENCOD : 9782330048716

Sorti le : 04/03/2015

  • Les présentations des éditeurs : 05/03/2015

Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976) qui, après avoir élaboré le célèbre "principe d'incertitude", jeta les bases de la mécanique quantique, ce qui lui valut d'obtenir le prix Nobel de physique en 1932, un jeune aspirant philosophe désenchanté s'efforce, à travers la destinée de cet homme de science exceptionnel confronté à la montée du nazisme puis à ses menées lors de la Seconde Guerre mondiale, de prendre la mesure du mal toujours à l'oeuvre dans le monde contemporain tout en tentant d'assumer l'incomplétude et les défaillances de sa propre existence.
Avec ce roman qui fait entrer en résonance les tragédies du dernier conflit mondial et une modernité rongée par les passions économiques, Jérôme Ferrari met en scène, telle une chute d'Icare toujours recommencée, la rencontre obstinément compromise entre l'âme de l'homme et la mystérieuse beauté du monde, que ne cessent de confisquer le dévoiement de la théorie en pratique et la corrosion des splendides innocences premières.

Toute l'oeuvre de Jérôme Ferrari est publiée aux éditions Actes Sud.
Dernier titre paru : Le Sermon sur la chute de Rome (prix Goncourt 2012).

Jérôme Ferrari est né en 1968 et vit actuellement à Paris. Il a reçu le prix Goncourt en 2012 pour Le Sermon sur la chute de Rome. Toute son oeuvre est publiée aux éditions Actes Sud. Diplômé de philosophie à la Sorbonne, il a enseigné en Corse (ses parents sont originaires de Fozzano), au lycée international d'Alger et à au lycée français d'Abou Dabi. Jérôme Ferrari a également traduit du Corse le roman Murtoriu, de Marc Biancarelli (Actes Sud, 2012).



  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 20 mai 2015

Jérôme Ferrari, qui revient à la forme littéraire d'une adresse décalée dans le temps, livre avec ce nouveau ­roman son plus beau texte depuis Où j'ai laissé mon âme...
Jérôme Ferrari ne se contente évidemment pas d'une évocation biographique de l'homme. Talentueux styliste, il montre la physique comme art d'évoquer les mystères de la nature, décelant chez Heisenberg «une vocation de poète». Mais le langage des hommes reste inapte à traduire la précision mathématique...
Le romancier cite les incroyables enregistrements effectués à Farm Hall, près de Cambridge, en 1945, à l'insu des 10 scientifiques allemands qui y étaient détenus, où ils apprirent Hiroshima avec effroi. C'est le monde contemporain né du leur que décrit en contrepoint Jérôme Ferrari. En 1989, en 1995, en 2009, il se déploie sous ses yeux en Corse ou au Moyen-Orient. Son monde à lui, globalisé, géant et minuscule, sans le regard éclairant de Heisenberg pour se poser dessus.


  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 26 mars 2015

Jérôme Ferrari se penche sur la vie du physicien allemand Werner Heisenberg, dont on ne sait s'il a délibérément 
faussé ses recherches pour ne pas donner la bombe atomique à Hitler...
L'auteur, qui se défend d'avoir romancé la vie du savant, se montre avant tout pédagogue. Il ne s'agit pas non plus d'une biographie bien qu'il ait compulsé un nombre considérable d'archives sur le sujet dont la Partie et le Tout, l'autobiographie de son « héros ». Il introduit une part de subjectivité dans sa prose puisque le narrateur, qui vouvoie le savant à distance, n'est autre qu'un jeune homme d'aujourd'hui, saisi sur le vif à divers moments de sa vie...
Le Principe, texte bref et dense, en phrases classiques, organise une réflexion d'importance sur le mal et la chute, l'utilisation de travaux scientifiques à des fins militaires, les circonstances historiques et politiques qui peuvent dévoyer la conscience du chercheur.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 15 mars 2015

Le romancier Jérôme Ferrari, Prix Goncourt 2012 pour Le Sermon de Rome, retrace le parcours du physicien allemand Werner Heisenberg, inventeur du principe d'incertitude...
Le romancier raconte, en restituant les choix cruciaux du scientifique Werner Heisenberg (1901-1976), un destin allemand. Le Principe devient ainsi, sous nos yeux, l'oeuvre complexe d'une tragédie. Une tragédie individuelle, une tragédie nationale, une tragédie intellectuelle, une tragédie générationnelle. L'inventeur du principe d'incertitude, confronté à une décision à prendre, rester ou émigrer, choisira de demeurer en Allemagne nazie. Il n'est pas juif ; il n'est pas antisémite. Il n'adhère pas au régime nazi mais se compromet, de fait, en restant sur place. Jérôme Ferrari donne chair, à travers un grand physicien, au conflit de loyautés. C'est du haut de notre position tranchée, puisque partir représente l'absence de compromission, que l'on juge un homme englué dans la lutte des crépuscules...
Les honneurs des prix littéraires n'ont rien changé à son écriture ciselée, ses réflexions métaphysiques, son univers troublé.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 19 mars 2015

Ira-t-on prétendre qu'un béotien en matière de ­physique, guère au fait des ­ondes, des atomes et des particules, comprendra chaque détail du livre que Jérôme Ferrari consacre à Werner Heisenberg (1901-1976), père de la mécanique quantique ? Ce serait beaucoup s'avancer. Mais cela n'a guère d'importance. D'abord, parce que l'essentiel du Principe est accessible, et beau, ­réflexion sur une trajectoire et sur l'impossibilité de la fixer, méditation parfois somptueuse sur la corruption des idéaux par le contact avec la matière ; et puis, parce que l'incompréhension est presque le propre de cette discipline...
Il livre ainsi un texte d'une densité et d'une puissance qu'on ­croirait sans fond, car, on le sait grâce à Heisenberg, «les choses n'ont pas de fond».


  • La revue de presse David Caviglioli - L'Obs du 12 mars 2015

Trois ans après son prix Goncourt, Jérôme Ferrari consacre un roman au physicien allemand, pionnier de la mécanique quantique, qui a tenté de doter les nazis de la bombe alors qu'il n'avait aucune sympathie pour Hitler...
«Mettez tous les éléments de sa vie sur papier : vous lui décernerez une médaille ou vous l'enverrez en prison, dit Jérôme Ferrari. C'est indécidable.»...
Le narrateur du «Principe» s'adresse directement à Heisenberg, qu'il vouvoie, d'un «vous» à la fois fraternel et sévère. La phrase longue et ondulante de Ferrari, où tout n'est que virage, bascule sans cesse entre le reproche et l'empathie, comme pour accueillir en son sein toute l'ambivalence de son sujet. Cette forme instable, oscillatoire, reflet de l'incertain Heinseberg, est aussi une transposition poétique réussie des attendus déroutants de la physique quantique...
Son esprit, comme le monde subatomique, est irreprésentable, contradictoire. On ne peut pas le réduire à des désirs univoques et monolithiques, comme les atomes à des jolies sphères bien lisses.


  • La revue de presse Baptiste Liger - L'Express, mars 2015

La vie du Nobel de physique Werner Heisenberg, par Jérôme Ferrari : une méditation sur la connaissance...
Précise et lyrique, l'écriture de Jérôme Ferrari cherche à restituer la complexité et le mystère d'un génie s'efforçant de regarder "par-dessus l'épaule de Dieu". Dans une construction aussi précise qu'un théorème, Le Principe dépasse la simple évocation d'une vie et ses zones de flou, pour mieux interroger les fondements de toute vérité.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 5 mars 2015

Trois ans après le Sermon sur la chute de Rome, qui lui a valu le prix Goncourt 2012, Jérôme Ferrari revient avec un curieux roman, bref et énigmatique, très beau, consacré au physicien allemand Werner Heisenberg. A l'âge de 31 ans, en 1932, Heisenberg a reçu le prix Nobel comme «fondateur de la mécanique quantique». Il est mort en 1976. Il a laissé une autobiographie scientifique, la Partie et le Tout, qui fascine les jeunes gens, peut-être tout simplement parce qu'elle témoigne d'un génie précoce...
l est difficile d'inventer une continuité dans une trajectoire biographique : est-ce là la leçon de la physique appliquée à la littérature ? Heisenberg n'a peut-être pas été nazi. On ne sait pas de quelle manière il a servi le régime, ou avec quelle conviction. Simplement : «Vous travaillez sur un réacteur nucléaire capable de produire de l'énergie.» Il avait la naïveté de croire à une communauté scientifique mondiale. Il avait voué sa vie à la beauté - dût-elle contenir en germe l'horreur absolue -, après en avoir eu la révélation.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 25 février 2015

En brossant le portrait du physicien qui inventa le principe d'incertitude, Jérôme Ferrari dit l'incapacité des êtres à tout comprendre du monde...
Quoi de plus rassurant, de plus galvanisant aussi, que de confier ses incertitudes à l'inventeur même du principe d'incertitude, selon lequel il est impossible de connaître en même temps la vitesse et la position d'une particule élémentaire, la précision de l'une entraînant le flou de l'autre ? Jérôme Ferrari illustre la théorie avec le brio qui le caractérise. Lui-même particule créatrice en mouvement dans la galaxie littéraire, il refuse de se laisser cerner, étiqueter, développant une écriture toujours plus incantatoire, traversée de raies de lumières et de nébuleuses magnétiques...
Alors que le principe d'incertitude étend «son influence sur les hommes dont les pensées s'estompent et se colorent des teintes pâles de l'indétermination», un principe de certitude régit tout son travail : la parole et le silence ne font qu'un, unis par le pouvoir de l'écriture, force de connexion entre tous les êtres.


  • Les courts extraits de livres : 05/03/2015

Position 1 : Helgoland

Vous aviez vingt-trois ans et c'est là, sur cet îlot désolé où ne pousse aucune fleur, qu'il vous fut donné pour la première fois de regarder par-dessus l'épaule de Dieu. Il n'y eut pas de miracle, bien sûr, ni même, en vérité, rien qui ressemblât de près ou de loin à l'épaule de Dieu, mais pour rendre compte de ce qui s'est passé cette nuit-là, nous n'avons le choix, nul ne le sait mieux que vous, qu'entre une métaphore et le silence. Pour vous, ce fut d'abord le silence, et l'éblouissement d'un vertige plus précieux que le bonheur.
Vous ne pouviez pas dormir.
Vous avez attendu, assis tout en haut d'un piton rocheux, que le soleil se lève sur la mer du Nord.
Et c'est ainsi que je vous imagine aujourd'hui, le coeur battant dans la nuit sur l'île d'Helgoland, si vivant que je pourrais presque vous y rejoindre, vous dont le nom, perdu dans la grisaille d'une interminable bibliographie parmi tant d'autres noms allemands, ne fut d'abord pour moi que celui d'un principe étrange et incompréhensible.
Depuis trois ans, à Munich, à Copenhague, à Göttingen, vous vous débattiez dans des problèmes si effroyablement compliqués que même le jeune homme candide et optimiste que vous étiez alors dut parfois, comme ses camarades d'infortune, maudire le jour où il avait eu l'idée saugrenue de se mêler de physique atomique. Les expérimentations livraient toujours plus de résultats non seulement incompatibles avec les connaissances les mieux assurées de la physique classique mais, de surcroît, scandaleusement contradictoires, des résultats absurdes, et pourtant irréfutables, qui interdisaient de former une image un tant soit peu sensée de ce qui se passait à l'intérieur d'un atome, ou même quelque image que ce fût. Mais sur l'île d'Helgoland, où vous étiez venu, le visage déformé par les allergies, vous protéger du pollen, et peut-être du désespoir, vous avez su que le temps béni des images était à jamais révolu comme doit toujours l'être le temps de l'enfance : vous avez regardé par-dessus l'épaule de Dieu et vous est apparu, à travers la mince surface matérielle des choses, le lieu où se dissout leur matérialité. Dans ce lieu secret, qui n'est pas même un lieu, les contradictions s'abolissent en même temps que les images et leur chair familière ; il n'y demeure aucun vestige du monde que le langage des hommes peut décrire, aucun lointain reflet, mais seulement la forme pâle des mathématiques, silencieuse et redoutable, la pureté des symétries, la splendeur abstraite de la matrice éternelle, toute cette inconcevable beauté qui attendait depuis toujours de se dévoiler à vos yeux.
Sans votre foi en la beauté, peut-être n'auriez-vous pas trouvé la force de mener votre esprit, comme vous l'y meniez sans relâche depuis trois ans, jusqu'aux limites extrêmes où l'exercice de la pensée devient physiquement douloureux, et votre foi était si profonde que ni la guerre, ni l'humiliation de la défaite, ni les soubresauts sanglants des révolutions avortées n'avaient pu l'ébranler. La première fois que vous avez vu votre père en uniforme, alors que vous aviez douze ans, la pointe métallique de son casque dut vous évoquer le panache effrayant des héros achéens et quand il s'est penché, au moment du départ, pour embrasser ses deux garçons, votre frère, Erwin, et vous, Werner, n'avez-vous pas frissonné au souffle épique de l'Histoire qui venait, sous vos yeux, de transformer le professeur August Heisenberg en guerrier ? (...)


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