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est allée très loin dans ses souvenirs

.. Pukhtu Primo

Couverture du livre Pukhtu Primo

Auteur : Doa

Date de saisie : 04/05/2016

Genre : Policiers

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Série noire

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-07-013552-3

GENCOD : 9782070135523

Sorti le : 26/03/2015

  • Les présentations des éditeurs : 18/05/2015

Le terme pukhtu renvoie aux valeurs fondamentales du peuple pachtoune, l'honneur personnel - ghairat - et celui des siens, de sa tribu - izzat. Dire d'un homme qu'il n'a pas de pukhtu est une injure mortelle. Pukhtu est l'histoire d'un père qui, comme tous les pères, craint de se voir privé de ses enfants par la folie de son époque. Non, plutôt d'une jeune femme que le remords et la culpabilité abîment. Ou peut-être d'un fils, éloigné de sa famille par la force du destin. A moins qu'il ne s'agisse de celle d'un homme cherchant à redonner un sens à sa vie. Elle se passe en Asie centrale, en Afrique, en Amérique du Nord, en Europe et raconte des guerres ouvertes et sanglantes, des conflits plus secrets, contre la terreur, le trafic de drogue, et des combats intimes, avec soi-même, pour rester debout et survivre. C'est une histoire de maintenant, à l'ombre du monde et pourtant terriblement dans le monde. Elle met en scène des citoyens clandestins.

DOA (Dead On Arrivai) est romancier et scénariste. Il est l'auteur à la Série Noire de Citoyens clandestins (Grand Prix de littérature policière 2007), du Serpent aux mille coupures et de L'honorable société, écrit avec Dominique Manotti (Grand Prix de littérature policière 2011). A l'ère du Big Brother planétaire, il aime qu'on n'en sache pas trop sur lui.



  • La revue de presse François Forestier - L'Obs du 18 juin 2015

«Pukhtu» est de ces romans qu'on ne peut lâcher, qui vous colle des insomnies caféïnées : 680 pages à lire au grand galop...
Qualité de la documentation, alésage des personnages, action de haute précision : on regrette que le livre soit si court (bien que ce soit, sans doute, le bouquin le plus copieux de toute la «Série noire»). Par chance, le deuxième tome est en route.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 27 mai 2015

Immersion virtuose et sous tension dans le bourbier afghan de 2008. La guerre à ras d'homme, dans l'incendie des sensations. La peur, la souffrance, l'horreur. L'excitation de la chasse et des armes aussi. Le vacarme, les cris, les odeurs. Le lecteur est embarqué, rudement, dès le prologue...
Polyphonique, ubiquitaire, méticuleusement précis, fébrilement documenté, attaché aux détails - topographie, armes, acronymes militaires -, le roman court d'un lieu à l'autre, dans une impressionnante tentative d'épuisement du réel. Enjeux militaires, religieux, géopolitiques, juteuse privatisation de la guerre, omniprésence du trafic de drogue, il tend, avec succès, à tout embrasser. En réussissant l'exploit de ne jamais sacrifier la complexité de ses personnages...


  • La revue de presse Emmanuel Romer - La Croix du 29 avril 2015

Fresque hallucinante et hallucinée, en deux volumes (le prochain sort en octobre !), Pukhtu, plonge dans l'intimité du bourbier afghan...
Avec talent, l'auteur, qui dans l'avant-propos revendique une oeuvre de fiction, nous embarque dans les problématiques géopolitiques, militaires, religieuses et géographiques de ce pays complexe et leurs ramifications internationales. C'est réaliste et très documenté, révélant un travail titanesque. Le tout est rythmé par des scènes de combat, des virées dans les montagnes à pied, à cheval, dans des véhicules blindés... On crapahute tantôt avec les paramilitaires américains, des agents secrets infiltrés, les guerriers afghans...
Dans ce monde corrompu, on ne vit pas, on survit... à la merci de ceux qui tirent les ficelles. Les uns pour le pouvoir et le profit, les autres au nom de codes d'honneur ancestraux. Dont le fameux pukhtu qui renvoie aux valeurs fondamentales du peuple pachtoune, et dont le non-respect se lave dans le sang.


  • La revue de presse Alexandra Schwartzbrod - Libération du 7 mai 2015

Son dernier roman, Pukhtu, est un véritable phénomène littéraire, une plongée vertigineuse dans le monde de la guerre. Un monde bouillonnant et glaçant, où s'entrecroisent honneur, cupidité, peur, courage, lâcheté, trahison, pétage de plombs. On est baladé durant 700 pages entre Afghanistan et zones tribales du Pakistan, sept ans après le 11 septembre 2001. Là, on croise des militaires américains traquant les têtes pensantes d'Al-Qaeda, des chefs pachtouns transformés en monstres sanguinaires, des paramilitaires obsédés par le fric et la drogue, des espions schizophrènes, des femmes victimes, des journalistes en quête de vérité. Et des Afghans épuisés par tant de folie...
Scénariste à ses heures perdues, il sait décrire des personnages, brosser au scalpel des scènes de guerre, prendre le lecteur par les tripes et le propulser aux commandes d'un drone, d'un hélicoptère ou d'un fusil d'assaut.


  • La revue de presse Karen Lajon - Le Journal du Dimanche du 5 avril 2015

Citoyens clandestins nous avait scotchés. Pukhtu Primo, dernière livraison du mystérieux DOA vous fera à peu près le même effet. Trapu, ardu et jouissif, le roman nous entraîne au coeur des ténèbres de deux années politiquement cruciales : 2008-2009. Bush s'en va, Obama arrive. On croit que le pire est derrière nous. Grave erreur. Le nouveau président américain renie toutes ses promesses et multiplie l'utilisation des drones. Sur fond de realpolitik, DOA nous conte une histoire de maintenant avec des personnages de jeux vidéos, pourtant furieusement en chair et os. Efficace à mort...
DOA a eu l'idée ingénieuse de mêler à ce fantastique et intense roman, des dépêches d'agence de presse occidentales ou pakistanaises donnant ainsi une impression d'étouffement absolu. On tue, on ment, on vole, on se dope, on ne vit pas, on survit et une poignée d'hommes tire les ficelles. Qui fait quoi, où et quand, qui commande véritablement ? On est dans les zones troubles du monde de l'espionnage, dans le grand jeu des grandes puissances et celui moindre de ceux qui ont un atout maître dans cette partie de billard à milles bandes : la connaissance du terrain et la sombre faculté de faire volte-face...
On attend la suite de ce magistral Pukhtu, avec une infinie impatience.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 26 mars 2015

L'écrivain français, spécialiste des romans noirs, signe un nouveau livre intitulé Pukhto primo où il dépeint l'Afghanistan miné par la guerre et le trafic de drogue. 700 pages sous tension...
Pukhtu est un terme qui désigne l'une des valeurs essentielles du peuple pachtoune, l'honneur personnel. Primo signifie que ce monstre de papier sera suivi d'un petit frère d'ici à quelques mois...
Pukhtu se déroule un peu en Afrique, en France, au Kosovo et beaucoup en Afghanistan et dans les zones ou régions tribales du Pakistan. Le roman s'ouvre le 14 janvier 2008 et s'achève le 11 septembre de la même année. Un attentat dans un hôtel prétendument sécurisé de Kaboul d'un côté. Une cérémonie à Ground Zero, sur les lieux de l'attentat du World Trade Center, de l'autre. Entre les deux, des histoires d'honneur bafoué et de guerre religieuse, de trafics de drogue et d'armes, d'embuscades et d'attentats, de manipulations et de corruption, de torture et d'assassinat...
La lecture de cette fresque est d'autant plus passionnante (et rude) qu'elle repose sur des situations, des chiffres, des faits, réels.


  • La revue de presse Guillaume Fraissard - Le Monde du 26 mars 2015

C'est écrit dans la courte ­notice biographique au bas de la quatrième de couverture de Pukhtu : «A l'ère du Big Brother planétaire, il aime qu'on n'en sache pas trop sur lui.» Pas de photos donc, et le minimum syndical sur ses vies passées - DOA fut pourtant parachutiste dans l'infanterie de marine puis créateur à succès de jeux vidéo, avant de devenir écrivain et scénariste. Rien d'autre, en somme, que les initiales qui lui tiennent lieu de pseudonyme depuis son premier polar, Les Fous d'avril (Fleuve noir, 2004) : DOA pour «Dead on Arrival», titre original d'un film américain de 1950...
Quatre ans après L'Honorable Société (Gallimard, «Série noire», 2011, Grand Prix de la littérature policière), polar terrible et jubilatoire sur les moeurs politiques coécrit avec Dominique Manotti, DOA signe son grand retour avec une fresque fascinante sur la guerre en Afghanistan sous Obama. Un roman proprement monstrueux, dépeignant le chaos d'un monde en proie à de multiples conflits, de l'Asie centrale à l'Afrique en passant par l'Amérique et l'Europe...
Deux ans de retard et deux tomes de 700 pages (le second est prévu en 2016) auront donc été nécessaires pour ­dérouler les multiples trames d'une oeuvre qui emprunte à James Ellroy sa démesure littéraire et à Apocalypse Now sa vision hallucinée de la guerre.


  • Les courts extraits de livres : 18/05/2015

Un doigt. Un doigt bariolé de rouge et de noir. Elle se dit pareil à ceux de papa quand il peint. Puis papa n'est pas là. Puis papa est mort. Puis à qui est ce doigt. Collé sur une vitre. Le doigt bariolé de rouge et de noir est collé sur une vitre. Il a glissé de quelques centimètres, laissé une trace. Sur la vitre. Trace du doigt collé sur la vitre. De voiture. Un 4x4. Blanc. Sale. C'est la seule vitre intacte. La jeune Norvégienne a beau réfléchir, elle ne comprend pas. Ne pige pas. A qui est ce doigt. Et pourquoi la voiture est couverte de suie. Et pourquoi toutes ses vitres sont brisées. Sauf une. Dans le parking de l'hôtel. Un cinq étoiles, ça la fout mal. Je suis dans le parking. Non. Je suis allée dans le jardin. Je m'en souviens très bien, il était dix-sept heures. Passées. J'ai regardé ma montre. C'était il y a quelques minutes à peine. Sortie à la pause pour fumer une cigarette. Il faisait encore jour. Après. Après. Après. D'abord trouver à qui appartient ce doigt. Bariolé de rouge et de noir. Papa. Son coeur se serre quand elle pense à son père, il lui manque tellement. Les larmes montent mais ne coulent pas. Elle fixe le doigt bariolé de rouge et de noir collé sur la vitre. Trace glissée cramoisie sur la vitre. Intacte. Du 4x4. La seule. Seule. Il fait nuit. La jeune Norvégienne se creuse la tête pour savoir comment elle est arrivée dans le parking, la nuit, après le jardin, le jour. Dans cet hôtel. Une pause. Pendant la réunion avec le ministre. Elle accompagne un ministre de son pays. À Kaboul. L'hôtel est à Kaboul. C'est le meilleur, le plus sécurisé. La pause. Pendant la réunion. La clope. Après la clope, elle se souvient être rentrée. Le grand hall de marbre. Le thé. Elle est allée se chercher un thé. Dans la maison de thé. De l'hôtel. La jolie Chai Khana. Elle donne sur le hall. Et le parking. Où il fait nuit. Quelques minutes à peine. Le doigt bariolé de rouge et de noir est encore là. Personne ne le réclame. Il a glissé plus bas, sur sa vitre. Il va tomber, se salir par terre. Il faut vite le rendre. Son propriétaire va en avoir besoin. Propriétaire, le mot ne lui plaît pas. Elle ne sait pas s'il faut dire propriétaire lorsqu'on parle d'une partie du corps. La jeune Norvégienne sent alors ses doigts, les siens, à elle. Réalise qu'ils serrent très fort une tasse en grès émaillé. Ébréchée. Vide. Elle sursaute, c'est incontrôlable. Tout aussi incontrôlable que lorsqu'elle a sursauté quand le serveur lui a donné cette tasse par-dessus le comptoir, en lui disant de faire attention de ne pas se brûler, c'est chaud, dans son anglais approximatif, et qu'elle s'est brûlée tout de même parce qu'elle a sursauté. À cause de la première explosion. Elle revient au doigt collé sur le 4 x 4. Ne voit pas qu'elle lâche la tasse. Qui se brise à ses pieds. Dans le parking. La première explosion a fait vibrer toutes les vitres de l'hôtel. Comme tout le monde, elle a sursauté, tourné la tête. Le verre de la façade étant épais, impossible de savoir si c'était près ou loin. Elle a sursauté, tourné la tête, s'est figée. Ça ruisselle maintenant, sur ses joues couvertes de poussière grasse et cramée. La même que celle sur la voiture et le doigt ensanglanté. Ça lui revient, d'un coup, tout, en rafales, en cris, en fuites désordonnées. La seconde explosion. Dehors, encore. Plus près de l'entrée principale. Et du 4 x 4. Quelqu'un l'a bousculée, elle est tombée à la renverse entre des chaises. Des clients, vers une porte dérobée, au fond de la chaikhana. Jolie. Tirs, gémissements, troisième explosion. Moins puissante. À l'intérieur. Dans le hall. De marbre. De l'hôtel. Cinq étoiles. Le meilleur de Kaboul. Le plus sécurisé. Il y a de la fumée partout. Ils. Sont. Entrés. Nouvelle déflagration. La jeune Norvégienne s'est abritée sous une table. Elle a aperçu un homme en uniforme jeter quelque chose dans sa direction. Il y a eu un tintement, un poc sur le sol, une petite boule de métal a roulé, roulé, roulé vers elle et s'est arrêtée finalement derrière une grosse vasque. Qui l'a sans doute sauvée. Même si elle s'est pris la table dans la tronche, avec la dépression, le souffle, la chaleur, les résidus de combustion. Et a perdu connaissance. C'était il y a quelques minutes, il faisait jour. À présent, dans le parking, il fait nuit. Le monde s'agite autour d'elle. Un soldat lourdement équipé la soutient, lui sourit, prononce des mots qu'elle ne comprend pas, suppose doux, rassurants, elle ne les entend pas. Elle n'entend plus rien qu'un sifflement. Ça ne l'inquiète pas. Le soldat a les yeux très bleus, un drapeau américain sur l'épaule, ne s'occupe pas du doigt, essaie de la propulser gentiment vers l'avant. La jeune Norvégienne a du mal à respirer, elle sent juste son nez, trop gros, tout plein, rien d'autre. Aucune odeur, ça ne l'inquiète pas. Elle a du mal à avancer, c'est pénible. Elle veut téléphoner chez elle, à Oslo, à sa mère. Elle lui manque elle aussi, autant que son père. Mais lui, il est mort. Elle trouve son mobile dans sa poche de pantalon. Il fonctionne, elle se détend. L'horloge, à l'écran, indique vingt heures dix-neuf, elle s'étrangle. Inerte, elle se laisse alors pousser par le militaire. Marche sur une masse molle, humide. Son regard file vers le sol, un réflexe. Elle a un morceau de bois enfoncé dans le genou, a perdu une chaussure, piétine un bout d'homme. Manche d'uniforme saturée de sang d'où dépasse une main. Il manque un doigt. A ce moment-là seulement, la jeune Norvégienne se met à gueuler.
(...)


  • Le courrier des auteurs : 14/05/2015

1) Qui êtes-vous ? !
DOA, romancier à la Série Noire, Gallimard.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La guerre. La plus classique, l'affrontement militaire, mais aussi celle, plus secrète, des services de renseignements contre le terrorisme, ou de la police contre les trafics, notamment de stupéfiants. Enfin, dans une acception plus intime, la guerre que nous livrons aux autres, en permanence, volontairement ou non, ou que nous nous livrons à nous-mêmes. Le roman commence en janvier 2008 et s'ouvre sur le conflit afghan.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Ils tuent des gens, on tue des gens. On lutte pour le bien, eux contre le mal [...] Ce monde est pas fait pour les humanistes.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un air de rock aux paroles acides et tristes, comme «Song seven» d'Interpol ou «Crawl Home» de PJ Harvey et Josh Homme, ou peut-être «Young Americans» de David Bowie.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'écriture est un exercice très intime et c'est dans cet espace d'intimité que se créent parfois des résonances entre le romancier et son lecteur. L'expérience de l'un peut y rencontrer celle de l'autre et venir la compléter ou l'éclairer différemment. Cet espace s'ouvre avec la première page d'un livre et se referme après la dernière, c'est un lieu de partage éphémère, le seul qui m'intéresse réellement.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Pas vraiment, si ce n'est que je ne peux travailler bien que chez moi et que mes journées commencent systématiquement par une revue de presse de deux ou trois heures. Elle constitue en quelque sorte mon «échauffement» cérébral.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Tout dépend du roman, il n'y a pas de règle. «Pukhtu», conclusion d'une trilogie, prend ses racines dans les livres qui l'ont précédé.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Par désoeuvrement, entre deux boulots. J'avais une appétence pour la littérature - lire est un plaisir vital pour moi - une certaine culture, de l'imagination et la folie égotique nécessaire, cela a sans doute aidé. Mais ce n'est pas une vocation remontant à la petite enfance.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Très bien. 1977, «Le seigneur des anneaux» de JRR Tolkien. 1984, «Paris est une fête» d'Ernest Hemingway. 1991, «American Psycho» de Bret Easton Ellis. 1995, «American Tabloid» de James Ellroy. Enfin, 2009, «Méridien de sang» de Cormac McCarthy.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Si l'on considère les écrivains comme des artistes, je ne suis pas certain qu'il faille alors qu'ils «servent» à quelque chose. Le geste artistique est spontané, imprévisible, en dehors du temps, de l'espace et donc du monde, comment pourrait-il être «utilitaire» ?


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