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.. Veronica

Couverture du livre Veronica

Auteur : Nelly Kaprièlian

Date de saisie : 11/02/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782246858645

GENCOD : 9782246858645

Sorti le : 20/01/2016

  • Les présentations des éditeurs : 05/01/2016

«Elle mentait aux journalistes. Le département publicité de la Paramount s'en était vite aperçu. Ça avait commencé par des détails, parce que ça commence toujours ainsi... Elle mentait sur sa couleur préférée : rouge, répondait-elle à l'un, violet, à un autre. Enfin, ils réalisèrent qu'elle se faisait passer pour ce qu'elle n'était pas. Elle disait que sa famille était aristocrate, que ses ancêtres étaient anglais, qu'elle avait vécu en Suisse, qu'elle était née dans une rivière - c'est là où ils avaient tiqué : on ne naît pas dans une rivière.»
Quel secret cache Veronica, star oubliée de l'âge d'or hollywoodien ? Que cherche-t-elle à fuir ? Et que signifient ses mémoires inquiétants, retrouvés près de son corps sans vie ? Cinquante ans après cette disparition légendaire, une journaliste française est envoyée à Los Angeles pour enquêter. Mais la ville du cinéma, de Chandler et de Lynch ne livre pas facilement ses secrets...
Après Le Manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian nous offre un roman noir, énigmatique et puissant.

Nelly Kaprièlian dirige les pages littéraires des Inrockuptibles, de Vogue, et participe au Masque et la Plume sur France Inter. Son premier roman, Le Manteau de Greta Garbo (Grasset, 2014), a été salué par les critiques et les libraires.



  • La revue de presse Florence Bouchy - Le Monde du 11 février 2016

A travers la fascination que suscitent les stars, et dans le mystère qui entoure leurs destinées glorieuses et tragiques, se laissent deviner aussi bien les fantasmes collectifs de notre époque que les angoisses et les désirs de la narratrice...
Au moment où l'écriture affiche sa volonté d'objectivité et de transparence, où le récit multiplie les effets de réel et se charge de remarques censées assurer le lecteur de la véracité du propos, le roman nous emporte dans une direction d'abord inquiétante, comme le serait un roman noir, puis perturbante, comme le serait un film de David Lynch. Les identités se troublent, les personnages paraissent n'être que les miroirs les uns des autres. Versant angélique, versant maléfique, les hommes et femmes coopèrent jusqu'à ce qu'ils se fassent menaçants.


  • La revue de presse - Libération du 6 février 2016

Il y eut Greta Garbo qui servit de sujet à la journaliste aux Inrocks Nelly Kaprièlian pour son premier roman, le Manteau de Greta Garbo en 2014. Voilà Veronica Lake, plus mystérieuse encore que la Suédoise parce qu'oubliée...
On s'engouffre dans Pacific Palisades, la maison d'Errol Flynn, les Pontiac décapotables. Tout est un décor à une vie grisâtre, à la dureté des studios, au machisme des producteurs.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 20 janvier 2016

Une journaliste enquête sur le destin énigmatique d'une actrice broyée jadis par Hollywood. Un livre noir qui convoque avec brio l'illusion et ses abîmes...
Nelly Kaprièlian trouve une voix qui n'est qu'à elle, pour continuer de sculpter les thèmes déjà centraux du Manteau de Greta Garbo (2014, en poche chez J'ai Lu), son premier roman : la féminité, le double, l'identité, le regard et l'illusion - «Que voit-on quand on voit ?» est le mantra de Veronica.


  • Les courts extraits de livres : 05/01/2016

Une brume glacée maquillait de fines paillettes ses lèvres closes. Elles s'incrustaient à même sa peau, petites écailles qui l'avaient déjà dévorée des chevilles à la taille - une sirène de cristal. Au contact du froid, l'éventail de ses cheveux blonds s'était métamorphosé en enchevêtrement de vipères d'eau. Les traces de givre sur ses épaules devenaient fragments, aussi graciles que des plumes, des centaines de petites plumes proliférant le long de ses bras - des ailes meurtries. Son apparence coïncidait, enfin, avec son rêve : ce reflet d'elle-même qu'elle surprenait, enfant, à la surface d'Emerald River. Une sirène, parée pour évoluer parmi les orchidées d'eau mouvantes, dans un monde d'aquarelle qui la protégeait des teintes tranchantes du réel. «A l'extérieur, les orchidées rouges se confondent avec le sang, leurs pétales gisent au pied d'un divan dans une suite du Beverly Hills Hotel», avait-elle écrit dans ses mémoires, un simple cahier que la police avait retrouvé près de son corps sans vie. Une référence, semble-t-il, à la scène-clé de Red Orchids, le meilleur film noir de Josef Mayerling : sur le divan, une brune porte une combinaison pantalon argentée, perforée au niveau du ventre, et à ses pieds, un revolver abandonné sur un tapis de pétales écarlates. En 1960, on avait retrouvé le corps de Veronica vêtu à l'identique, comme si elle avait cherché à reconstituer cette scène, confondant la vie avec la fiction dans un ultime geste de désespoir. La presse s'était empressée de titrer : «Le dernier rôle de Veronica», «Sa dernière mise en scène», ou encore «Le remake de trop». Elle venait d'avoir trente-neuf ans. Quelques heures plus tard, son corps reposait à la morgue de New York, où l'autopsie n'avait révélé qu'un taux d'alcool élevé dans son sang. C'était comme si elle s'était laissée mourir, seule dans sa chambre d'hôtel.

Deux ans auparavant, elle avait rencontré le dernier homme qu'elle aimerait : Jimmy, 1958. Elle y incarnerait tous ses espoirs et il finirait, lui aussi, par la trahir. A l'époque, son visage s'était dilaté comme celui des noyées, plus personne ne la reconnaissait. Elle venait de se faire virer de l'usine de poupées où elle collait des paires d'yeux dans des têtes en plastique, alors elle avait quitté son hôtel pour un autre, moins cher, le Go Between, un hôtel de passe dans le Queens. Enfin, elle avait trouvé un job dans un bar minable, et tous les soirs, après avoir versé des litres d'alcool dans des shakers argentés, elle pouvait s'en jeter un de temps à autre. Des Mint Julep, parce qu'ils lui rappelaient cet air qui la faisait pleurer, You Go To My Head, qu'elle avait entendu en 1938 en débarquant à dix-sept ans à Los Angeles, alors interprété par Nan Wynn avant qu'on ne lui coupe les cordes vocales, qu'elle finisse ravagée par une paralysie faciale, avant que son cancer ne la rattrape définitivement en 1971 pour la faire crever à cinquante-cinq ans. (...)


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