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.. Hôtel universal

Couverture du livre Hôtel universal

Auteur : Simona Sora

Traducteur : Laure Hinckel

Date de saisie : 10/11/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.50 €

ISBN : 9782714458995

GENCOD : 9782714458995

Sorti le : 27/10/2016

  • Les présentations des éditeurs : 31/10/2016

En 1990, Maia vit dans le célèbre hôtel Universal, érigé en plein coeur du vieux Bucarest. Il a survécu au temps des communistes, comme hôtel de passe et refuge de la Securitate, avant de ressusciter en 1989 en repère professeur de lettres, la Finlandaise anorexique, le Mohican qui a voulu faire le grand plongeon.... Ils vivent, se racontent, s'essoufflent, s'aiment, jusqu'à la mort de l'un d'eux qui va rompre l'équilibre et bousculer les passions.
Pour Maia, l'hôtel Universal, c'est aussi la tradition familiale, les longs après-midi aux côtés de sa grand-mère Maria, qui s'adonnait à la préparation rituelle de la confiture de roses, l'épopée du cher Vasile Capça, futur grand confiseur de Bucarest et incorrigible voyageur, l'histoire de la mère de Maria, Rada la guérisseuse un peu sorcière... Une saga familiale et féminine racontée par une mystérieuse narratrice aphasique et somnambule, des récits archaïques aux aventures modernes, un monde fabuleux au charme subtil et mélancolique, à la manière d'une nouvelle fantastique de Mircea Eliade ou des récits de voyage d'un Pierre Loti.

«Un roman extraordinaire, dans lequel on déambule au rythme d'un style unique et hypnotique. C'est également un roman d'une grande précision historique, comme il en existe seulement quelques-uns dans la littérature roumaine. Simona Sora y reconstruit un XUC siècle baignant dans la mélancolie, profondément matriarcal, un monde qui oscille entre harmonie et déséquilibre. Lire Hôtel Universal, c'est découvrir un monde d'une beauté bouleversante, sans jamais oublier la complexité de l'histoire roumaine et celle des êtres humains.»
Sanda Cordos, historienne et critique littéraire

"Dans le parfum capiteux des pétales de roses confits, l'odeur des secrets, Hôtel Universal magnifie les destins d'une lignée de femmes fortes, guérisseuses chacune à sa façon, un peu sorcières, des héroïnes "merveilleuses", c'est-à-dire, selon la définition de Maria la grande, "sensibles au merveilleux".
Livres Hebdo

"Ce premier roman avance à la manière des souvenirs reconstitués, par recoupements de témoignages pour recréer une réalité insaisissable, une mémoire des lieux trouée et parcellaire. Dans le parfum capiteux des pétales de roses confits, l'odeur des secrets, Hôtel Universal magnifie les destins d'une lignée de femmes fortes, guérisseuses chacune à sa façon, un peu sorcières, des héroïnes "merveilleuses", c'est-à-dire selon la définition de Maria la grande, "sensibles au merveilleux". "
Livres Hebdo, Véronique Rossignol

Née en 1967, Simona Sora est une critique littéraire reconnue en Roumanie. Accueilli avec enthousiasme par la critique, Hôtel Universal, son premier roman, a figuré en 2012 sur la liste des cinq finalistes du prix littéraire Augustin Fratila du meilleur roman. Hôtel Universal a également été déclaré «livre de l'année» par Paul Cernât, essayiste et critique littéraire roumain, dans la très respectée revue Romania Literara en février 2013. Simona Sora vit à Bucarest.


  • Les courts extraits de livres : 29/10/2016

Composition de lieu

1

la nuit de sa fondation, l'hôtel Universal (qui longtemps s'est appelé auberge Teodoraki) se trouvait encore si exactement au centre de Bucarest qu'on aurait cru que quelqu'un avait déterminé son emplacement à l'aide d'une règle et d'un compas, le plaçant à mi-chemin entre le faubourg des Miséreux et le bourg du Coucou, et à égale distance des bassins du faubourg des Tanneurs et de la maison des Eaux. Et si ce «quelqu'un» avait laissé son regard pensif planer sur ce terrain encore nu et récemment acquis, en juillet 1849, par Hagi Teodoraki afin d'y déployer ses métrages de rubans et de dentelles négociés à Leipzig, il aurait eu la surprise de voir arriver vers minuit, au coin de l'auberge Rouge, d'un pas tranquille et sans prononcer un mot, les trois commerçants qui s'étaient associés pour construire cet hôtel : Hagi Teodoraki lui-même, Leon Manoach et George San Marin.

La pluie printanière venait de s'arrêter, mais sans purifier l'air indécis du mois d'avril. Ils longèrent lentement l'auberge des Grecs, tournèrent en direction de Stavropoleos et sortirent de la rue des Selliers pour s'engager dans une venelle, toujours silencieux et avançant d'un pas solennel, comme s'ils se rendaient à un procès. Arrivés derrière l'échoppe du tailleur Ghinea Pantalonard, Hagi Teodoraki s'arrêta. Il sortit de sa poche une clé, se pencha et déverrouilla la porte d'une cave avant d'en soulever le lourd battant. Un escalier abrupt s'ouvrait, menant à une sorte de tunnel où régnait une odeur de brûlé. Derrière eux, la porte se referma sans bruit à l'exact moment où il se remettait à pleuvoir.

On ne sait pas très bien ce qui s'est passé dans la cave, raconte Maria, une centaine d'années plus tard, dans la cuisine où, en compagnie de Maia, elle met en route une fournée de confiture de roses : Tout juste sait-on ce que Léon Manoach a dit à sa femme Sofia - laquelle, à son tour, l'a répété à Rada qui, à l'époque, occupait une chambre à l'hôtel Universal -, à savoir que, à peine entré sous terre, il avait tout de suite senti une odeur de soufre et de bois calciné. L'idée de repartir, de rester discrètement en arrière avant de fausser compagnie à ses camarades, lui avait bien traversé l'esprit, mais c'était impossible puisqu'il marchait entre Hagi Teodoraki et George San Marin. Ainsi donc, ils étaient allés jusqu'au bout de la galerie éclairée par la seule torche de Teodoraki, celui-là même qui les avait conviés à visiter les caves de leur futur hôtel. Ils avaient descendu les marches humides et boueuses qui n'avaient pas eu le temps de sécher depuis qu'elles avaient été lavées. Quand, deux ans plus tôt, Hagi Teodoraki avait racheté à Polizu et Petrovici les ruines des bâtiments détruits dans le grand incendie, il ne savait pas bien ce qu'il ferait de cet endroit. Il se sentait vieux et malade, et se déplaçait toujours plus difficilement sur ses jambes lourdes comme le plomb, sujettes à de douloureux engourdissements matinaux. Toute joie lui semblait dorénavant interdite. Cet endroit, qui porterait plus tard le nom de rue Gabroveni, avait cependant eu le don de lui fouetter le sang ; il construirait là une hostellerie - pas un caravansérail de commerçants, mais une maison pour clients raffinés accompagnés de leurs amies de coeur.

(...)


  • Le courrier des auteurs : 10/11/2016

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis une écrivaine de Roumanie, plus précisément de Transylvanie, où ce n'est pas un hasard que la littérature signifie tout d'abord raconter des histoires.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Je pourrais dire que le thème central est la quête de soi, les auto-interrogations incessantes supposées par cette quête et la réponse unique vers laquelle elles mènent.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Un homme qui t'aime t'apprend à mourir.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Lhasa de Sela, La marée haute. Je l'espère, en tout cas.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais pouvoir convaincre sur la beauté énorme de l'inutilité de la littérature, c'est à dire sur ce que Lee Siegel appelait «this socially and economically worthless experience called transcendence».

6) Savez-vous à quoi «servent» les écrivains ?
Je crois que les vrais écrivains sont ceux qui (par leur vie et par leur écriture) montrent toujours «le nord», le centre du mandala, la sortie du labyrinthe. Certains le font avec humour, et le recours à l'humour dans ce monde est un don, peut-être le plus sympa don de l'au-delà.


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