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.. Face au Styx

Couverture du livre Face au Styx

Auteur : Dimitri Bortnikov

Date de saisie : 20/04/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Littérature francophone

Prix : 21.00 €

ISBN : 9782743638566

GENCOD : 9782743638566

Sorti le : 04/01/2017

  • Les présentations des éditeurs : 05/12/2016

Un jeune Russe déambule dans le Paris d'aujourd'hui. Il dessine au fil de ses rencontres une fresque hallucinée où les souvenirs heureux de son enfance l'aident à affronter les galères de l'exil. C'est dans un contraste permanent entre sa ville natale située aux limites des steppes de l'Asie centrale et Paris, où il a choisi de vivre pour écrire, que le personnage puise la force de persévérer. Pour supporter son quotidien - de vieilles marquises, un écrivain à succès, un ancien apparatchik millionnaire, un clochard, chanteur des rues -, il appelle en renfort de l'autre rive du Styx les êtres aimés de son passé : pépé Jo, le grand-père, combattant de trois guerres, Babanya, la trisaïeule aveugle qui l'a élevé, le «gibbeux», son ami qui s'est suicidé par amour...
Tous alors entrent dans la danse, et une farandole moderne des âmes tragiques et drolatiques tourbillonne de Paris jusqu'au pôle Nord, de Saint-Pétersbourg à Samara, tel un ouragan à «déraciner, comme disent les Russes, les dents du dragon».

Né à Samara en 1968, Dimitri Bortnikov est l'une des voix les plus talentueuses de la littérature russe contemporaine. Tous ses ouvrages ont été unanimement salués par la critique et couronnés de prix littéraires dans son pays. Il écrit aujourd'hui directement en langue française.



  • La revue de presse Bertrand Leclair - Le Monde du 20 avril 2017

Odyssée s'autorisant le délire, joyeusement excessive dans sa volonté de faire bander les morts, Face au Styx n'est pas tant un fleuve en crue (ce Styx qui se lèverait de son lit pour irriguer des terres asséchées par le petit confort ordinaire du consumérisme occidental) qu'une immense forge où se pratique l'art du grand feu...
Même les pierres de taille parisiennes changent de couleur, certaines pages, dans ce grand roman d'une âme russe exilée en langue française, où tenter de la racheter.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, janvier 2017

Entre lyrisme et trivialité, le Russe Dimitri Bortnikov signe - en français - un magnifique livre-fleuve sur l'errance...
Entre lyrisme et trivialité, le Russe Dimitri Bortnikov signe - en français - un magnifique livre-fleuve sur l'errance...
Mais Face au Styx repose moins sur un faisceau de trames que sur un sidérant flux d'écriture, déroutant au début puis totalement fascinant pour tous ceux qui apprécient les expériences littéraires radicales.


  • La revue de presse Hubert Artus - Marianne, janvier 2017

Roman total, fresque enragée et féerique entre Paris et l'Asie, habitée par l'homme et par l'animal, «Face au Styx» est un des livres marquants de cette rentrée hivernale...
Il y a cette joie rare, dans Face au Styx, qui est un geyser littéraire, une fresque hallucinée nous menant des bas-fonds du XIVe arrondissement de la capitale aux steppes de l'Asie centrale. C'est une farandole de personnages tragiques et pittoresques,..
Si l'auteur invoque le Styx, fleuve de la mythologie grecque, c'est pour mieux unir dans le même espace temps, celui d'un récit total, les vivants et les morts, le monde actuel et celui des légendes de l'Est, le dicible et l'indicible.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 12 janvier 2017

Dans un Paris fantomatique, un jeune «écrivaillon» erre entre morts et vivants, entre russe et français. Une descente aux enfers dans une langue torrentielle et irrésistible...
Bortnikov nous entraîne dans un Paris peuplé de personnages fantomatiques, à l'existence précaire. On croise ainsi Samouraï, une grande Japonaise toujours en train de chercher à sauver son amant Cowboy d'on ne sait quelle dérive, Gina, qui aimerait bien mettre une bonne fois pour toutes le grappin sur Dimitri, un grand-père et une grand-mère, Olga, un amour d'enfance, «avec des genoux à casser des noix», Babyl, l'ami, Damiane, la mère de son fils Victor, et bien d'autres, Russes ou Parisiens, d'aujourd'hui ou d'hier...
Dans ce voyage, Bortnikov s'embarque porté par un verbe torrentiel, réquisitionnant tous les points d'exclamation disponibles, mobilisant sans hésiter les plus baroques des comparaisons. Une langue irrésistible, dont la saveur n'est pas le moindre atout de ce roman qui nous fait retrouver le charme des lectures interlopes que plus personne n'ose proposer.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 4 janvier 2017

Un Russe erre dans Paris, dialoguant avec des amis morts ou vivants. L'auteur prend le lecteur au piège d'une logorrhée étourdissante...
Là où passe la plume de Bortnikov, la parole ne repousse plus. Sauf après une période de réanimation, de jachère cérébrale. Alors le lecteur retrouve ses esprits et se dit qu'il n'a pas rêvé : une écriture céleste et rocailleuse lui est tombée sur la tête. Comment tenir debout quand on lit l'histoire d'un homme en perte d'équilibre, vacillant sur sept cent cinquante pages ?


  • Les courts extraits de livres : 05/12/2016

Encore hier elle était bien vivante, bien debout, élégante, et là - elle bouge plus, touchée par l'ongle fourchu de la mort, et cette dame aime les chats, il paraît... chat de race, bleu de Russie, pauvre Norma... quand la mort caresse les bêtes.
La première fois - quand la mort l'a touchée - elle a juste frémi, elle feulait tout doucement, elle rampait, elle cherchait un coin sombre, voulait pas être touchée.
La deuxième fois quand la mort l'a touchée - elle s'était redressée, griffes dehors, terribles, vraies arêtes de poisson, et puis très debout et bien haute - vrai puma qui s'apprête et. ne voit pas l'ennemi... n'arrive pas à le voir, l'ennemi est partout. Quand la mort l'a touchée la troisième fois - au petit matin - elle n'a pas pu, c'était trop... elle criait, Norma ! aveugle, elle rampait vers moi ! vers l'homme, elle s'était trompée de route, mon Dieu ! dans le noir de ses yeux elle rampait, oui et loin de l'ennemi, loin de la main de la mort, de sa lourde paluche. quelle caresse...
Et puis elle n'est plus. Norma, Norma... elle était sage comme le chat du pape, et puis élégante... elle miaulait jamais, sinon en latin. Ave miaoux Dei ! et puis passait lentement, aveugle, jamais égarée, regardait quelque chose et passait, et puis c'est fini, et c'est loin déjà.

Il faisait beau ce matin-là, et même très, les piafs en choeur, les premières feuilles et tout... chez le veto c'a été, oui, c'est toujours bizarre quand on achève la bête qui meurt, qui n'y arrive pas toute seule, le veto a fait une piqûre et voilà elle bougeait plus, criait plus, il la caressait un peu. il aime les animaux, ça se voit, et Norma, détendue et plus grande que jamais ! on aurait dit un grand saut, oui. morte en vol ! j'ai vu les renards comme ça, abattus en course, et puis immobiles... sur le côté, et puis j'ai fait avec mes bras comme un nid. un berceau pour elle et le toubib l'a posée dedans. «Il y avait un garçon dans la salle d'attente, son chat comme le vôtre souffrait beaucoup, il souffre plus... et le petit sait pas quoi faire...»
Il était toujours là ce garçon, je suis venu - il était là. je sors - toujours pareil, toujours avec son chat, toujours le tenait dans ses bras, son chat mort, bon tigré, le veto l'a piqué et le garçon savait pas quoi en faire, lui. il pouvait pas partir, lui ! il restait là, sage, silencieux dans la salle d'attente, avec la paume de sa main il caressait le chat, la tête, en haut et en bas, encore, puis encore, il n'arrêtait pas ! et l'oeil de la bête s'ouvrait et se fermait ! je n'ai pas pu lui dire pour les yeux de son chat - il fallait les fermer ! - mais, non, pas pu, et puis j'ai fermé les yeux de Norma avec la paume de ma main et suis sorti.
(...)


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