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est allée très loin dans ses souvenirs

.. Portraits d'insectes

Couverture du livre Portraits d'insectes

Auteur : Jean-Henri Fabre

Illustrateur : Pierre Zanzucchi

Date de saisie : 13/07/2017

Genre : Nature, Animaux

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Les Inattendus

Prix : 14.00 €

ISBN : 9791027801053

GENCOD : 9791027801053

Sorti le : 04/05/2017

  • Les présentations des éditeurs : 13/07/2017

Jean-Henri Fabre (1823-1915) est justement considéré comme le précurseur de l'éthologie, la science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel.
Portraits d'insectes réunit des extraits significatifs de ses Souvenirs entomologiques. Présenté par Philippe Galanopoulos, l'ensemble permet de redécouvrir la prose pittoresque de celui dont l'oeuvre fut en son temps proposée pour le prix Nobel de littérature. Fabre aura ainsi influencé l'esprit ou l'imaginaire de nombreux écrivains depuis Remy de Gourmont et Maurice Maeterlinck jusqu'à Gilles Deleuze ou Patrick Autréaux, en passant par André Breton et Roger Caillois.
Ces écrits portent successivement sur la Cigale, la Sauterelle verte, la Mante religieuse, les Fourmis rousses, les Cétoines, le Minotaure typhée et le Grand-Paon de nuit. Ils permettent d'apprécier tout à la fois le talent d'observateur et de conteur de Fabre, et de traverser l'ensemble de ses thématiques : moeurs, sexualité et instincts des insectes.
Chaque portrait est accompagné d'un dessin original du peintre et sculpteur contemporain Pierre Zanzucchi.

Né dans le Sud-Ouest, Jean-Henri Fabre (1823-1915) est considéré comme le précurseur de l'éthologie. Naturaliste, écrivain, poète, il écrit la première série des Souvenirs entomologiques en 1878. Cette oeuvre démontre son génie, animé par une passion authentique de la vie sous toutes ses formes.
Après 5 ans à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, Pierre Zanzucchi s'engage dans une oeuvre protéiforme remarquée. Tour à tour, graveur, sculpteur, peintre, cet artiste se passionne depuis des années pour les livres d'artistes.



  • La revue de presse Eric Chevillard - Le Monde du 13 juillet 2017

Si l'on a pu reprocher aussi à Fabre son style trop littéraire - duquel nous nous régalons pourtant comme l'abeille du nectar de la pivoine ou comme la cétoine ventousée à la prune, «la tête dans la purée» -, ce précurseur de l'éthologie ne sacrifie pas la science à la littérature. Evoquant la cigale, il tient à «réhabiliter la chanteuse calomniée» par La Fontaine. Qu'est-ce en effet que cette mendiante qui quémande des grains de blé, «nourriture incompatible avec son délicat suçoir» ? C'est bien au contraire la fourmi qui vient piller les sucs et les sèves que la cigale puise dans les tendres rameaux des arbustes et c'est elle encore qui finit par la mettre en pièces et la dévorer. Fabre nous raconte ces scènes de la vie des jardins comme Balzac le fait de celles de la comédie humaine. Les similitudes sont d'ailleurs flagrantes. Disons-le tout net : c'est la même histoire.


  • Les courts extraits de livres : 25/05/2017

Extrait de l'introduction

«L'homme tranche des lambeaux de continent pour faire communiquer deux mers ; il perfore les Alpes, il pèse le soleil et ne peut empêcher un misérable asticot de goûter avant lui ses cerises, un odieux pou de lui détruire ses vignobles ! Le titan est vaincu par le pygmée.»
Jean-Henri Fabre, Souvenirs entomologiques,
IIe série, 1882.

L'insecte : la taille et le nombre.

Péjorativement qualifié de «bestiole», l'insecte est dans le langage populaire constamment ramené à sa petite taille qui, dans certains cas, confine à l'invisibilité. On en oublie alors le nombre et en sous-estime l'importance. Pourtant, qu'il soit nuisible ou utile, l'insecte est de partout et de tout temps. Il était là bien avant l'homme, et même présent avant l'apparition des premières plantes à fleurs. Contemporain des dinosaures, il leur a survécu, échappant ainsi aux plus grands cataclysmes que la Terre ait jamais connus. Mieux, il s'est remarquablement adapté à la diversité des milieux de vie. À tel point que, selon les mots de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie et des Harmonies de la nature, il pullule aujourd'hui «au sein de la terre, des forêts, des eaux et des airs». Il est là où l'homme n'est jamais allé ; là où il ne le soupçonne même pas.
Si l'on s'en tient au nombre d'espèces décrites, les entomologistes en relèvent actuellement plus d'un million, ce qui représente environ les quatre cinquièmes des espèces animales connues. Mais ce chiffre n'est encore rien. On estime que cinq ou six mille espèces nouvelles sont découvertes chaque année. Les scientifiques les plus prudents avancent des chiffres vertigineux. Il y aurait autour de dix millions d'espèces d'insectes réparties sur l'ensemble de la planète. Ce nombre incroyablement élevé s'accompagne d'un nombre d'individus qui dépasse tout bonnement l'imagination. Une exposition récente au Palais de la Découverte confrontait ainsi sept milliards d'humains à mille milliards de fourmis. Une telle disproportion remet l'homme à sa juste place dans l'ordre écologique. Au fond, c'est peut-être lui le véritable ciron dont parlait Pascal ; lui, l'homme, l'infinitésimal.
En somme, l'homme est bien peu de chose face à l'insecte. Robert Desnos l'a dit à sa manière. Lui qui dans les 30 Chantefables a imaginé «une fourmi de dix-huit mètres» et fait virevolté «trois cent millions de papillons», nous fait ressentir, par le jeu de la démesure et de la déformation, la petitesse du genre humain. À l'inverse, vaste est la famille des insectes. Effrayante aussi. Notre répulsion mêlée de fascination pour l'insecte nous vient de loin. Elle nous révèle à nous-mêmes sur un plan symbolique et dans toutes les dimensions du social, du sexuel et du religieux.
Tous ceux qui Font étudié le savent : l'insecte, c'est nous. L'abeille, c'est l'homme en société, assigné au quotidien de sa tâche, floué sur le plan des libertés individuelles pour un intérêt qui lui est supérieur ; la mante religieuse, c'est l'homme dans son intimité sexuelle, enchaîné à ses désirs et en fin de compte littéralement dévoré par ses passions ; le papillon, c'est encore l'homme, pauvre créature mortelle arrimée à l'espoir fou d'un au-delà de la mort et d'une renaissance possible sous une autre forme, magnifiée. Que dire encore de l'éphémère, sinon qu'il nous apprend la vanité de vivre pour une jouissance fugace et pour la seule reproduction d'une espèce vouée à une fin continûment ajournée.


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