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est allée très loin dans ses souvenirs

.. Le rapport de Brodeck

Couverture du livre Le rapport de Brodeck

Auteur : Philippe Claudel

Date de saisie : 22/08/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 21.50 €

ISBN : 978-2-234-05773-9

GENCOD : 9782234057739

Sorti le : 22/08/2007

Durant la lecture de ce roman, j'ai parfois pleuré tant le texte est émouvant. Comme lorsque Brodeck est sur la route du retour. Il revient du camp et un vieil homme lui offre le gîte et le couvert. Il le fait manger, il le lave comme un enfant, le fait dormir dans un lit aux draps tout propres et frais. Et lui se laisse faire. Il ne peut même plus parler tant ses forces l'ont abandonné tout au long de son horrible séjour "là-bas".

Comme également lorsque Brobeck rend visite au curé du village. Ce dernier lui parle de sa perte de foi en Dieu depuis la guerre. De l'horreur dont sont capables les hommes.

Comme ce qui se passe un soir au village alors que lui n'est pas là.

J'ai retrouvé l'écriture de Claudel. Les descriptions des paysages sont magnifiques, très imagées, pleines de poésie, ce qui allège un peu la dureté et la tristesse du récit. Tout est écrit avec beaucoup de pudeur, sans s'étendre.

Plus j'avançais dans l'histoire, plus je sentais poindre une menace. Et puis tout s'explique. Tout ce que la peur, la laideur et la violence font faire. Et ce dont est capable un homme par amour.

J'attendais avec impatience ce livre de Philippe Claudel parce que j'aime beaucoup ce qu'il écrit. Et encore une fois, même si c'est un triste récit, j'ai trouvé ce roman inoubliable, bouleversant, très très bien écrit.


Dominique Mazuet - 23/10/07


  • Le journal sonore des livres : Vanieria - 23/10/2007

Vanieria - 23/10/07


Isabelle Le Cleac'h - 09/10/2007


Emmanuel Delhomme - 28/08/2007


Comme dans les Ames grises, le roman se situe dans un village et l'auteur montre la noirceur de l'âme humaine. Des hommes surtout, qui tous cachent une action honteuse, les femmes sont elles, victimes, courageuses, innocentes.
Brodeck est chargé de faire un rapport sur la disparition d'un étranger au village, mais il rédige un autre rapport sur sa propre vie : son arrivée au village à l'âge de 4 ans, orphelin, son séjour dans un camp pendant la 2e guerre mondiale, sa survie puis son retour au village 2 ans auparavant. Les personnages sont bien campés, mais la narration tire en longueur.


  • Les présentations des éditeurs : 28/08/2007

Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore.
«On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.»
Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connaît pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre.
«A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s'insurge le maire du village. N'as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu'est-ce qui ressemble plus à un mort qu'un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes...» Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s'éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n'existe pas ou ce qui n'existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

Philippe Claudel est né en 1962. Il est l'auteur notamment des Âmes grises (Stock, 2003) et de La petite fille de Monsieur Linh (Stock, 2005). Ses livres sont traduits dans près de trente langues.



  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express du 6 septembre 2007

Après Les Ames grises, Philippe Claudel scrute de nouveau les visages du Mal...
Avec Le Rapport de Brodeck, Philippe Claudel va jusqu'au bout de son obsession pour ce thème de la haine de l'autre et du mal infligé au nom de cette haine. Exempte du moindre pathos, son écriture est d'une virtuosité et d'une beauté stupéfiantes. Son propos humaniste n'en est que plus fort. Inoubliable.


  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 31 aout 2007

D'une écriture simple et limpide, formidablement construit, Le Rapport de Brodeck est un magnifique livre - un roman, une fable, peu importe au fond - sur la question de l'altérité. Ni le mot "juif" ni celui de "Shoah" n'y figurent ne serait-ce qu'une seule fois, mais on comprend très vite que la catastrophe qui vient de se produire est bien celle-là ; et que ce que Claudel nous donne à voir, en romancier, c'est bien la "vie" dans les camps d'extermination. Immense sujet, grande réussite littéraire. De la même manière qu'il notait auparavant, dans des rapports que personne ne lirait, des descriptions de la flore et de la faune locales, Brodeck écrit. Sans cesse, sans esprit de vengeance...
"De grâce, dit-il à la fin, souvenez-vous." Nous n'oublierons pas Brodeck. Assurément.Une dernière chose pour terminer, à l'adresse des parents qui voudraient convaincre leurs grands enfants du bonheur que peut procurer la lecture d'un roman, des enseignants qui cherchent quoi faire lire à leurs élèves : conseillez-leur la lecture du Rapport de Brodeck. Eux aussi, eux surtout, ne l'oublieront pas. "Raconter est un remède sûr", écrivait Primo Levi dans Le Défi de la molécule.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 30 aout 2007

Une fois que tout est accompli et le livre refermé, le monde tel que l'auteur l'envisage et le restitue avec ses outils de styliste doué, continue d'imprégner la vision du lecteur, et en cela, c'est un roman réussi. Dans cet univers, les seuls êtres innocents sont les enfants et les bêtes - oiseaux, renards, loups, chiens ont leur mot à dire chez Philippe Claudel, ainsi que les fantômes des morts. Les individus sont bien plus tributaires et solidaires les uns des autres qu'il n'y paraît - à cet égard, les tableaux de foule, compacte et mouvante, sont éloquents : le «je» est uni au «nous»...
Ce ballet de scènes villageoises est plutôt de la même eau que les gravures du compatriote lorrain de Philippe Claudel, Jacques Callot : d'une encre très noire, mais saturé de vie et de couleur dans les détails.


  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 23 aout 2007

Quatre ans après les «Ames grises», «Brodeck» évoque en effet une autre guerre de sinistre mémoire : celle de la collaboration, de la peur de l'autre et des camps. Les âmes sont toujours aussi blafardes, l'atmosphère délétère, la cruauté des hommes énigmatique...
N'allez donc pas lui reprocher d'avoir fait de l'extermination nazie un ingrédient de fiction. L'enjeu de «Brodeck» n'est tout simplement pas là. Il n'est pas question de la spécificité du nazisme dans ce roman où «le mot juif n'apparaît pas une seule fois»...
Pour son roman, il n'a en tout cas utilisé aucun document. Il s'est juste réveillé un matin avec cette phrase en tête : «Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien.» Comme il n'aime rien tant que commencer un chapitre sans savoir ce qui va s y passer, il a déroulé le fil, celui de la culpabilité et du témoignage; imaginé un mystérieux lynchage; tissé des échos troublants entre crimes collectifs et responsabilités individuelles; montré toute l'ambivalence des liens entre l'écrivain et la communauté.


  • La revue de presse Louise Chevalier - Le Point du 23 aout 2007

Philippe Claudel, l'auteur des «Ames grises», Renaudot 2003, publie «Le rapport de Brodeck», un approfondissement de son étude du mal. Impressionnant...
Cette fois, Philippe Claudel nous emmène au fond du «cratère», dans l'enfer même, où Brodeck fait, sous la contrainte, le chien Brodeck, tenu en laisse, couchant dans une niche avec des dogues, moins bien nourri qu'eux. Un chien ? Moins qu'un chien mais décidé à survivre, coûte que coûte, si macabre que soit la danse, parce qu'il est amoureux. Gueules à la Bruegel, comptable devenu tortionnaire, jolie poupée blanche et blonde que ravissent les pendaisons, marchand de cochons aviné, prêtre qui ne croit plus en Dieu, solitaires ensauvagés, traîtres, tout est là qui révulse et bouleverse. Parce que, sans pathos ni démonstration, avec une vraie maîtrise technique (voyez la manière dont sont imbriqués rapport, récit, descriptions de la nature), Philippe Claudel a su conférer à ce roman, sur le sujet entre tous périlleux de la Shoah, le don d'humanité.


  • Les courts extraits de livres : 31/08/2007

Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien.
Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.
Mais les autres m'ont forcé : «Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études.» J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : «Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront. Et en plus, tu as la machine.»
La machine, elle est très vieille. Plusieurs de ses touches sont cassées. Je n'ai rien pour la réparer. Elle est capricieuse. Elle est éreintée. Il lui arrive de se bloquer sans m'avertir comme si elle se cabrait. Mais cela, je ne l'ai pas dit car je n'avais pas envie de finir comme l'Anderer.
Ne me demandez pas son nom, on ne l'a jamais su. Très vite les gens l'ont appelé avec des expressions inventées de toutes pièces dans le dialecte et que je traduis : Vollaugä - Yeux pleins - en raison de son regard qui lui sortait un peu du visage ; De Murmelnër - le Murmurant - car il parlait très peu et toujours d'une petite voix qu'on aurait dit un souffle ; Mondlich
- Lunaire - à cause de son air d'être chez nous tout en n'y étant pas ; Gekamdörhin - celui qui est venu de là-bas.
Mais pour moi, il a toujours été De Anderer - l'Autre -, peut-être parce qu'en plus d'arriver de nulle part, il était différent, et cela, je connaissais bien : parfois même, je dois l'avouer, j'avais l'impression que lui, c'était un peu moi.
Son véritable nom, aucun d'entre nous ne le lui a jamais demandé, à part le Maire une fois peut-être, mais il n'a pas, je crois, obtenu de réponse. Maintenant, on ne saura plus. C'est trop tard et c'est sans doute mieux ainsi. La vérité, ça peut couper les mains et laisser des entailles à ne plus pouvoir vivre avec, et la plupart d'entre nous, ce qu'on veut, c'est vivre. Le moins douloureusement possible. C'est humain.


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