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.. Mon roi mon amour

Couverture du livre Mon roi mon amour

Auteur : Robert Pagani

Date de saisie : 07/04/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : La Table ronde, Paris, France

Collection : Vermillon

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-7103-3069-1

GENCOD : 9782710330691

Sorti le : 25/08/2008

Un petit bijou stylistique, ciselé avec la précision horlogère d'une bombe à retardement. L'auteur est suisse et ce premier roman génial tourne autour d'un attentat manqué lors du mariage du Roi Alphonse XIII, le 31 mai 1906 à Madrid... Attention les beaux anarchistes rôdent près des palais, et la mariée, jeune fille de bonne famille, rencontrera l'amour et le sang mêlés ensemble. Sa nuit de noces sera remplie de surprises. Un texte d'une rare virtuosité, hanté par la violence du 20e siècle. La grand-mère de Juan Carlos était une sacrée coquine ! Une ironie à la Dali traverse cette prose où rien ne pèse. Coup de coeur des bibliothécaires parisiens.


  • Les présentations des éditeurs : 26/06/2008

Le 31 mai 1906, à Madrid, le peuple en liesse célèbre le mariage d'Alphonse XIII avec une princesse anglaise de dix-neuf ans, Victoire-Eugénie de Batten-berg. Le cortège nuptial progresse lentement à travers la ville. Mais le pas paisible des chevaux cache mal ce qui se prépare au bout du parcours, à deux pas du palais royal.
C'est cet événement historique qui a inspiré à Robert Pagani Mon roi mon amour. Séduit par le sort d'une jeune femme devenue reine d'Espagne dans des circonstances aussi dramatiques que violemment romantiques, il s'est glissé dans la peau de Victoire-Eugénie.
Mélange d'innocence et d'érotisme, ce court roman au style très vif est à la fois lyrique, torride et plein d'humour.

Né à Lugano, au Tessin, en Suisse, Robert Pagani a fait toute sa carrière à l'ONU comme traducteur de conférence. Il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, dont certaines ont été portées sur scène ou mises en ondes par la Radio Suisse Romande. Mon roi mon amour est son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 26/06/2008

LE JOUR OÙ ELLE DEVINT REINE, il y eut beaucoup de fleurs, beaucoup de bruit, beaucoup de sang et beaucoup de morts, mais elle ne fut pas vraiment surprise. Dans les dix secondes qui suivirent l'explosion, elle ne fut pas non plus vraiment inquiète, mais non à cause du choc : parce que son esprit était ailleurs. Trois mois plus tôt, elle avait lu un livre, plus exactement la première page d'un livre, car il lui fut enlevé aussitôt, vu qu'il provenait d'un rayon de la bibliothèque qui lui était interdit, lequel racontait l'histoire d'un professeur de musique et de sa femme, et commençait ainsi :
La première fois, ce fut à Calais, où le bateau les avait déposés en début de soirée, dans un petit hôtel pas très propre, situé en face d'un bassin de l'avant-port, et la dernière fois, soixante-deux ans plus tard, dans une bourgade du lac Majeur, au retour d'un voyage à Rome, et qui, du reste, lui fut fatal (à lui). Entre les deux, ils célébrèrent quatre mille six cent vingt-trois congrès (elle tenait le compte dans un petit carnet relié en basane; lui, à l'insu de sa femme, dans un petit carnet cartonné), qui presque tous furent des succès. Ils ne furent, du début à la fin, jamais séparés plus d'un jour. Leur vie fut un Mississippi, une Amazonie, un Himalaya de bonheur tranquille. Mais ne remplacez pas «bonheur tranquille» par «ennui». Ce fut tout le contraire. Ils connurent, au fil des années, bien des événements dramatiques et bruyants. Ainsi, la première nuit déjà, sous leur fenêtre, un crime. Une rixe de marins avait mal tourné, et le matin on distinguait encore sur le trottoir les contours d'une grosse flaque de sang. Puis, six mois après, chez eux, à St. Martin-upon-Soames, à côté de leur maison, le mar­chand de bestiaux, qui avait trop célébré les bonnes affaires qu'il avait faites à la foire, était tombé dans un puits et...

Elle ne sut jamais si, dans son bled perdu au fond du Shropshire, ce malheureux avait réussi à grimper hors du puits, mais cela n'avait pas d'importance. Un mot l'intriguait, congrès. Les dictionnaires qu'elle consulta ne disaient rien qui correspondît au sens qu'elle devinait vaguement. Et puis un autre mot, succès. En quoi un congrès pouvait-il être un succès ? Cela impliquait donc qu'il pouvait aussi être un échec. Mais surtout, ce qui la plongeait dans un abîme de réflexions, c'était le chiffre : quatre mille six cent vingt-trois. Quatre mille six cent vingt-trois congrès : était-ce possible ? Etait-ce concevable ?


  • Le courrier des auteurs : 02/07/2009

Cher libraire...

Je vous connais depuis de longues années. Je vous ai rencontré partout. Vous m'accompagnez depuis toujours.
Je ne sais par où commencer. Alors disons Lisbonne. Rua da Torre Queimada, à deux pas du funiculaire, vous cheminez, coiffé d'une casquette à visière, entre deux murailles de livres si hautes qu'elles paraissent se rejoindre au plafond. Vous êtes monté sur une échelle, votre bras s'est enfoncé entre deux volumes lourds de poussière, comme dans une matrice. C'en est une, en effet, celle de la culture, et, après une longue fouille où vous guidait l'instinct plus que le sens de l'orientation, vous le dénichez et me le tendez, le petit volume caché sur l'inquisition à Goa, que je cherchais depuis toujours.
C'est vous que je retrouve quelques années plus tard à Saïgon. Dans votre sombre librairie de la rue Catinat, face à la terrasse du célèbre Hôtel Continental, rendez-vous des grands reporters de la guerre d'Indochine, remplacés alors par ceux d'une autre guerre finissante, vous savez, entre vos rayons à moitié dégarnis, qui seront bientôt démontés, que votre guerre, celle contre l'ignorance et pour la littérature, est peut-être perdue, elle aussi, comme celle de la plus forte armée du monde, mais une idée vous conforte : vous reprendrez le combat ailleurs, parce que l'amour de la littérature est éternel, et, en me remettant le volume des Lettres de Madame de Sévigné que j'ai aperçu d'en bas, vous ne pouvez vous empêcher de le feuilleter avec gourmandise. J'entends encore votre voix, par-delà les défaites et les empires : "Ecoutez ça ! Ne craignez point pour moi l'ennui que me peut donner la solitude; hors les maux qui viennent de mon coeur, contre lesquels je n'ai point de forces, je ne suis à plaindre sur rien; mon humeur est heureuse, et s'accommode et s'amuse de tout..."
Dix ans plus tôt, je vous ai rencontré à Léopoldville, pas encore devenue Kinshasa. Là aussi, vous saviez votre combat perdu, sauf que les lettres ne perdent jamais. Elles émigrent, elles vadrouillent de méridien en latitude, de siècle en siècle, sûres de toujours rencontrer en chemin un esprit sensible à leurs sortilèges. Ce jour-là, je vous ai acheté le premier volume des mémoires de Simone de Beauvoir.
C'est vous encore dont je vois le visage raviné au fond d'une échoppe mal éclairée de Bloomsbury, à deux pas du British Museum, où venait peut-être vous voir Virginia Woolf. Je ne vous étonne pas en vous demandant un petit livre d'Oscar Wilde paru clandestinement avant son procès. Pour le chercher, vous descendez dans vos souterrains, où vous alliez vous réfugier pendant la guerre, quand tombaient les bombes. Je vous attends au bord du trou qui vous a englouti. Vous remontez les mains poussiéreuses, mais vides. Come back next year. (Vous ne perdez pas de temps en salamalecs : seule compte la parole écrite). Car un livre qui a existé un jour continue d'exister à jamais. Il suffit d'attendre qu'il remonte à la surface.
À Manhattan, c'est encore vous, avec vos demi-verres dressés obliquement au bas d'une vaste calvitie, qui cherchez pour moi un étrange dictionnaire de je ne sais quel espéranto, et je m'enchante d'apprendre un peu plus tard que vous avez, l'année précédente, refusé de vendre pour une fortune à la femme d'un potentat asiatique une édition originale de Shakespeare, un des fameux folios, parce que vous l'en jugiez indigne. Certes, la littérature peut conquérir, convertir à ses charmes, tirer à elle, mais il faut pour cela qu'une graine au moins dorme sous les couches de frivolité. Chez Mme Marcos, cette graine était tragiquement absente.
À Rio de Janeiro, au bout de Copacabana, c'est encore vous, et vos paroles me remplissent de honte. L'ouvrage en deux volumes sur l'architecture baroque des petites villes du Minas Gerais coûtait... je ne sais plus... cent mille, cinq cent mille cruzeiros ou cruzados (c'était le temps des taux d'inflation surréalistes). J'ai posé sur le comptoir deux liasses épaisses comme des plaques de beurre. En achevant de compter les billets, vous m'avez dit : "Eh bien voilà : ça, c'est mon salaire d'un mois".
C'est toujours vous, à Genève, place du Bourg-de-Four, au coeur de la vieille ville, à deux pas du lieu où se situait l'axe urbain de l'agglomération romaine. Nonagénaire, libraire depuis votre enfance, vous ne receviez plus que quelques clients par jour. J'avais le privilège de compter parmi eux. Vous ne quittiez plus votre chaise. Ce n'était pas nécessaire. Vous aviez tous vos livres rangés dans votre tête. Vos réponses étaient claires et nettes : "Je ne l'ai plus. - Je ne l'ai jamais eu. - Regardez tout au fond, dernier rayon à droite. Prenez l'escabeau."
Était-ce encore vous, plus tard, Grand'rue, où sont nés, presque face à face, Rousseau et Michel Simon, qui m'avez vendu, presque à regret, en en caressant le cuir usé, un Regnard en quatre petits volumes, mal reliés, mal imprimés, mais publiés en "l'an VII de la République, chez Belin, Imprimeur-Libraire, rue Jacques, no. 22" ?
Je pourrais continuer. C'est vous qui m'avez vendu, pour une somme dérisoire, touché peut-être par le désir que vous lisiez dans mes yeux, cette étonnante édition du Voyage de Céline, parue en Belgique en 1949, sur du mauvais papier et dans un format étrange, 13,5 x 22, qui m'a, adolescent, ouvert une fenêtre inconnue sur la littérature. Vous aussi, 14e rue, jeune homme échevelé, fou de livres, le premier roman de Salinger, The Catcher in the Rye, que j'ai lu en marchant, sans décoller, indifférent à la pluie comme aux feux rouges, jusque chez moi, 53e, où je l'ai fini sur le paillasson, trempé comme moi, oubliant d'introduire la clé dans la serrure. Et puis il y a Édimbourg, Mexico, Panama, Carthagène-des-Indes, la ville fétiche de García Márquez, et Vienne, Pavie, Crémone... Car vous êtes partout, toujours. Et toujours aussi passionné et désintéressé. Vous ne me lâchez pas. Malgré les opérations financières planétaires, les concentrations industrielles monstrueuses qui cherchent à vous tuer, et souvent vous tuent en effet, vous ne mourez pas, vous renaissez, sans fin, et cela pour une raison très simple : parce que la fascination des mots, de leurs combinaisons innombrables, dont vous êtes l'infatigable vecteur, est indestructible.
Et voici enfin qu'à mon tour, modestement, je viens glisser un petit volume sur vos rayons, parmi tant de noms illustres. Tout a été dit, certes. L'imagination des romanciers est sans limites. Mais l'histoire d'une jeune reine qui, la nuit de ses noces, choisit de se donner d'abord à un criminel pour épargner à son roi tout neuf, par amour, la tâche pénible, croit-elle, de la rendre femme, est néanmoins, vous en conviendrez, assez singulière. Cela s'appelle Mon roi mon amour (La Table Ronde)." Je vous en donne, en guise de hors-d'oeuvre, l'incipit : "Le jour où elle devint reine, il y eut beaucoup de fleurs, beaucoup de bruit, beaucoup de sang et beaucoup de morts, mais elle ne fut pas vraiment surprise." Cela s'appelle Mon roi mon amour et a paru aux Éditions de La Table Ronde en 2008. Avec ma gratitude inaltérée.

Robert Pagani


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